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jeudi 20 novembre 2014

Les maisons de vos ancêtres_04



Grâce à la publication du terrier de 1764, ou Terrier Tiolier, vous pouvez retrouver la maison, grange ou cuvage de vos ancêtres dans le bourg d’Aubière.
Vivaient-ils dans le même quartier ou dans la même maison deux siècles plus tôt ?
Un moyen de le savoir : étudier les actes notariés du début du XVIIème siècle ! Vous apprendrez ainsi où ils habitaient, depuis quand ils vivaient dans tel ou tel quartier, peut-être même la date de l’achat de la maison… Mais ce n’est pas toujours facile.
Je publierai régulièrement sur ce blog, au fur et à mesure de mes lectures des actes notariés d’Aubière, le résultat de mes recherches.

Les actes notariés : une source d’informations incomparable ! Pour cette quatrième chasse aux maisons et autres granges nous ferons un retour en arrière, en 1586, avec les actes de maître Guillaume Aubeny, notaire royal à Aubière, puis en 1587, dans l’office notarial de maître Amable Reynaud, notaire royal à Clermont, avant de reprendre avec maître Guillaume Aubeny.

Au quartier du Verdier
Le testament du 2 février 1586 d’Annet Ramain (ou Rancon), « malade de maladie corporelle », nous apprend beaucoup de choses sur cette famille Ramain borias ou boriage qui vivait au quartier du Verdier. « …Il lègue à Jehanne Goye sa femme, une maison située dans le lieu d’Aubière et au quartier du Verdier, joignant une autre maison aud. testateur de midy d’une part, la rue à bout d’autre, le chezal dud. testateur d’autre de bize, et la maison des hoirs de feu Jehan Feulhade d’autre partie ; plus a donné et lègue à Blaize et François Ramain ses enfants, une maison située dans le lieu d’Aubière et au quartier du Verdier, joignant à la maison cy dessus de bize d’une part, la maison de François Carmantrand de midy d’autre, la rue ou passaige à bout d’autre de nuict, et la maison des hoirs de feu Jehan Esclany de jour, et lad. maison ; de laquelle maison led. testateur a donné et lègue aud. Michel son fils aisné un chezal situé dans led. lieu d’Aubière et aud. quartier du Verdier, joignant à la maison cy dessus de midy, la rue ou passaige à bout d’autre, le jardin d’Anthoine Charrier d’autre, et la maison d’Annet Gioux d’autre… » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 1 – A.D. 63).

Ramain, Ramen, Ramay ou Rancon : selon les époques, même rapprochées, et les notaires, même contemporains, on trouve ce patronyme sous diverses formes. Après avoir brassé ces dernières sur près d’un siècle, on peut sans aucun doute affirmer qu’elles forment un seul et même patronyme. En 1586, on connaît peu de choses sur cette famille qui devient aubiéroise aux alentours de 1500. Par d’autres actes plus anciens (1530 et 1548), nous savions qu’Annet Ramain avait un frère Jehan ; leur père est même cité sans être nommé (dommage !). En 1586, si on connaît les enfants d’Annet, on ne lui connaît pas alors d’épouse. Ce testament va être très révélateur ! Son épouse, au moment de son testament, est citée : il s’agit de Jehanne Goye, prénommée également dans le même document Amable. On apprend aussi cela : « Michel Ramain, son fils aisné, du premier lict, d’Anthoinette Fosson, sa première femme… Et Blaize et François Ramain, ses aultres fils, de Marthe Gaultier, sa seconde femme… » D’un coup, d’un seul, nous lui découvrons trois épouses ! Curieusement, ce testament ignore complètement ses deux filles, Françoise et Anna. En revanche, on parle de « Gabriel Legay, son beau frère ». Françoise Fosson, sœur de sa première épouse Anthoinette Fosson, avait effectivement épousé Gabriel Legay (déjà mentionné dans le Volet 3).
La rue ou « passaige à bout » est l’actuelle impasse Job dans le quartier du Verger.

Au quartier de la Font
Annet Ramain sort indemne de sa maladie puisqu’un an plus tard il fait une donation entre vifs : lui-même et son fils, Blaize. Nous sommes le 14 janvier 1587. « Annet Rancon [Ramain ou Ramen], laboureur d’Aubière, en reconnaissance des bons et agréables services à luy faicts par Blaize Rancon son fils, laboureur dudit lieu, pour l’amitié paternelle qu’il luy porte, car ainsy luy plaict de son bon gré et franc vouloir, a donné par ces présentes à tiltre de donation faicte entre vifs, une grange couverte de pailhe, et jardin tenant ensemble avec leurs droicts et appartenances quelconques, situés dans la justice dud. Aubière et au terroir de la Font, joignant la voye commune de midy, la grange de Michel Bellard de jour, le ruisseau [béal] du molin [moulin] du Sgr d’Aubière de bize, et le jardin de Guilhaume Noellet de nuict ; plus une vigne… » (Me Amable Reynaud, notaire à Clermont, 5 E 11 1121 – A.D. 63). Il est intéressant de noter qu’en 1587 le futur quartier de la Font (ou Fontaine) n’est encore qu’un terroir, au moins pour le notaire Reynaud…

Au quartier de la Place Fauchère
Notre chasse nous fait entrer pour la première fois dans le quartier de la Place Fauchère, située entre le château et l’église d’Aubière. Cette occasion est provoquée par le testament du 7 mai 1591 d’Anthoinette Charrier, veuve de feu Jehan Feulhade. Cette dernière lègue à Clauda Chastanier, femme à Pierre Martin, « une maison située dans le lieu d’Aubière et au quartier de la Place Fauchère, joignant à la maison et cuvaige de Me Jacques Dumolin, greffier d’Aubière, d’une part, le cuvaige de lad. testatrisse d’autre de midy, et la rue commune de jour […]. Elle lègue et donne à Jehan et Jacques Chastanier frères, un cuvaige estant au dos de lad. maison donnée et léguée à lad. Clauda Chastanier, joignant à deux rues communes de deux parties, et lad. maison donnée à lad. Clauda. » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 6 – A.D. 63).

Au quartier du Chasteau
Coincé entre l’enceinte du château à l’ouest, et le quartier de la Quaire à l’est, ce quartier se situe au nord du bourg fortifié. Nous y entrons pour assister à une donation originale entre un père et son fils, lequel se destine à la prêtrise. Vous lirez avec intérêt le billet traitant d’une donation pour un prêtre filleul. Cette donation du 2 mars 1594 a l’air d’un brouillon, et elle est particulièrement difficile à déchiffrer, tellement maître Guillaume Aubeny, le notaire, s’est ingénié à en bâcler la rédaction. « Guillaume Noellet, laboureur d’Aubière, considérant les bons et agréables services, amour et hobéissance (sic) filiale de François Noellet, son fils naturel et légitime, et d’Halips Esclany sa femme, a vollu, par l’amitié paternelle qu’il luy porte, luy donner les moyens de l’estat de prestrize auquel, avec l’ayde de Dieu, il aspire, et affin qu’il ne tombe en mandicitté, et luy a donné par donation faite entre vifs, une maison et sa cave estant au dessous, située dans le lieu d’Aubière, et au quartier du Chasteau, jouxte la maison des hoirs de Barthélemy Reddon d’une part, la maison de Jacques Brolly d’autre, et deux rues communes d’aultres deux parties… » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 9 – A.D. 63).

Extrait de la donation d'Halips Fontfreyde du 27 août 1605
(5 E 44 20 - Archives départementales du Puy-de-Dôme)

Au quartier du Roudeix
Encore un quartier dans lequel on pénètre pour la première fois : le quartier du Roudeix, que l’on trouve aussi sous les formes graphiques de Roudet, Roudeir, Rodier, Rodeir ou Rodeyr… Autrement dit le quartier du charron qui pouvait être aussi forgeron [voir Le feu aux poutres].
Après deux testaments, nous ouvrons une troisième donation entre vifs, celle d’Halips Fontfreyde, en date du 27 août 1605. « Honneste femme Halips Fontfreide, veufve de Blaize Tailhandier, vivant marchand de Clermont, considérant les bons et agréables services de Victor Tailhandier son fils et dud. defunct, luy a donné et donne par donation entre vifs, […] un cuvaige, colombier, chambres et estable au dessous, joignant le tout ensemble, aussi avec leurs aizes et appartenances, situés dans le lieu d’Aubière, au quartier du Rodeyr, siné dessous le four, jouxte le mur dud. Aubière d’une part, le cuvaige et grange de Jehan Chastanier par sa femme d’autre, la rue commune d’autre, et la maison de … [un blanc] avec le passaige à bout d’autre partie » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 20 – A.D. 63). Nous avons confirmation, s’il en est besoin, que le four est proche du quartier du Roudeix, lui-même situé entre l’enceinte est du bourg et l’actuelle rue Bérenger prolongée par l’actuelle rue Voltaire, au centre duquel quartier se trouvait le trou du Roudeix, démoli il y a un peu plus de quarante ans.

Ces Tailhandier ont fait fortune à Clermont. Un des fils de feu Blaize et de Halips Fontfreyde fera sa vie à Aubière où il exercera la profession de laboureur-vigneron.
La femme de Jehan Chastanier est Anna Salignat.

Sources : Archives départementales du Puy-de-Dôme.

© - Cercle généalogique et historique d’Aubière (Pierre Bourcheix)

Vers Volet 3 ou Volet 5


mardi 18 novembre 2014

Terrier de 1764_15



Le terrier Tiolier
C’est un registre voire plusieurs reliés ensemble. Il se présente en deux colonnes : l’une pour le numéro de l’article (correspond-il à un numéro identique sur un plan parcellaire ?), l’autre pour désigner la nature de la propriété, bâtie ou non, le nom de son propriétaire, sa profession, son domicile. Le tout par quartier. Terrier établi entre 1764 et 1790 environ.
Nous poursuivons la transcription avec un nouveau quartier :

Autre quartier qui commence par la maison
de Pierre Vergne qui est sous le n°183

Contre la muraille sud, donnant sur les Ramacles

Page 28
n° 183- dite maison dudit Pierre Vergne
184- maison de Ligier Arveuf
185- maison de Jean Arveuf
186- maison de Amable Chatanier mary de la Jallut, prouvenant d’Etiene (sic) Joanet son 1er mary
187. 188- maison de Gabriel et Antoine Jallut
189- maison de Guillaume Dégironde dit chanterelle

Terrier Tiolier de 1764 - Page 29
(Archives communales d'Aubière)

Page 29
n° 190- maison de Jean et Paul Vergne
191- maison de Guillaume Bail dit lallemant
192- maison de François Dégironde dit laire
193- maison de la veuve de Ligier Jallat
194 et 195- cour et maison de Louis Mazière
196- maison et cuvage de François Bail, fils à autre François
197- maison de Jean Nouellet
198- maison d’Amable Pignat [Pignol ?]
199- maison de François Pignol
200- Jardin de l’Esclot
201- maison de François Bail dit Rousset
202- maison de Jacques Tarrioux
203- maison de Martin Bail dit l’Escliot
204- cuvage de Michel Brully dit coutry
205- maison d’Anne Talliendier veuve de Géraud Bail – voyé 209 autre maison
206- Batiment de Gilbert Pignol dit lefumas François et Amable Pignol

Page 30
n° 207- Batisse du Rouge
208- maison de François Nouellet dit baraille
209- autre maison d’Anne Talliendier voyé 205
210- maison de Pierre Fyneyre
211- maison de Jean Fineyre
212- maison de François Fineyre le tiant
213- François Nouellet dit Baraille
214- maison de Guillaume Villeveau
215- grange de Guillaume Villeveau en partie
216- autre partie de ladte grange cy dessus n°215 est aux nommés Gaspard et Pierre Villeveau
217- maison d’Isabeau Jallat, veuve de Guillaume Finaire et François Finair son cousin dit le bondou
218- maison d’Antoine et François Decorps
219- maison de la forgeronne

Sources : Archives communales d’Aubière

Cercle généalogique et historique d’Aubière (P.B.)


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samedi 15 novembre 2014

Anthonia Abrial, les aspects d’une vie



Abrial, voilà un patronyme pas banal à Aubière. Original mais fugace. Forme méridionale d’avril, nous dit le maître Albert Dauzat. Natif du mois d’avril ou sobriquet de celui qui annonce le printemps. Il apparaît pour la première fois dans la 3ème transaction du 21 avril 1496 entre Louis, seigneur d'Aubière, et les habitants d'Aubière, au sujet des droits seigneuriaux, avec Guiot Abrial, qui se fait aussitôt oublié. Ce nom de famille réapparaîtra moins d’un siècle plus tard, pour disparaître définitivement au début du XVIIème siècle.

Extrait du contrat de mariage du 24 janvier 1591
(Archives départementales du Puy-de-Dôme - 5 E 44 6)

Ce n’est pas par un acte qui concerne directement Anthonia Abrial que le patronyme refait surface, le 24 janvier 1591, mais pour le mariage de sa fille, Agnès Morel :
Contrat de mariage du 24 janvier 1591 « entre Ollivier Aubeny, fils à Pierre, mari de Françoise Obby, laboureurs habitants d'Aubière, et Agnès Morel, fille à feu François et Anthonia Abrial, sa veuve, et à présent femme d’Anthoine Esclany, soussigné. En présence de Michel Perol, fils à feu Anthoine, tuteur de la future qui l'autorise. Dot de la future espouze : une terre dans la justice de Montferrand et au terroir du Port Dieu, contenant trois quartellées, joignant à la terre des hoirs de feu Jehan Vialeveaux d'une part, et la terre de François Gioux d'autre ; plus une autre terre en lad. justice et au terroir du P...?, contenant trois quartellées, joignant à la terre de Michel Pérol d'une part, et la terre de Guillaume Noellet d'autre ; plus une autre terre en ladite justice et terroir, contenant trois quartellées, joignant la terre d'Estienne Mallet d'une part, et un rif d'autre à midy ; plus une autre terre contenant trois quartellées, située dans lad. justice et terroir, joignant à la terre de François Gioux d'une part, et la terre de Guillaume Noellet d'autre ; plus une vigne contenant deux heuvres, située dans la justice d'Aubière et au terroir du Creux des Mallades, joignant la vigne de Guillaume Decor d'une part, et la vigne de Guillaume Noellet d'autre, lad. vigne faisant deux parcelles ; plus une autre vigne contenant une heuvre, située en lad. justice et au terroir de Mallemouches, joignant à la vigne de Chaptard Vedel d'une part, et la vigne de Michel Bonabry d'autre ; plus un petit pré contenant un quart d'heuvre, situé en lad. justice et au terroir de la Saigne, joignant au pré de Me Jehan Taillandier d'une part, et le pré des hoirs de Michel Charrier d'autre ; plus une robbe de nopces bonne et honneste sellon la quallité des parties (...). Et ledit futur espoux a promis d'habiller lad. espouze d'une autre robbe de ...? bonne et honneste selon sa quallité et de l'enjoyaller (...). Fait à Aubière en la maison dudit Esclany en présence d'honorable homme Me Jacmet Dumolin, greffier dud. Aubière, soussigné ; Jacques Vialevaux ; François Morel [frère de la future] ; François Vialevaux ; Anthoine Aubeny ; Jacques Aubeny ; et messire Pierre Pin, curé dudit lieu, soussigné » (Me Guillaume Aubény, notaire à Aubière, 5 E 44 6 - A.D. 63).
Anthonia Abrial est sans doute née aux alentours de 1550. Peut-elle avoir un lien de parenté avec Guiot qui était chef de feu en 1496 ? Dans ce cas, elle pourrait être l’arrière petite-fille de Guiot. Elle va se marier deux fois : vers 1570 avec François Morel qui décède avant 1580 ; vers 1580 ensuite avec Anthoine Esclany, le marchand. On lui connaît cinq enfants : François, Agnès et Michelle Morel, puis Michelle et Ollivier Esclany.
On retrouve Anthonia Abrial pour le mariage de son fils aîné : contrat de mariage du 9 janvier 1593 entre François Morel et Mariette Ribeyre (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 8 - A.D. 63). Puis pour son testament en date du 20 juin 1597 : « Anthonia Abryal, femme à Anthoine Esclany, a fait son testament en ma présence. A donné son âme à Dieu (…) ; a donné au curé et aux prêtres dudit Aubière (…), plus un cuvaige, situé dans le lieu d’Aubière et au quartier de la Fontaine, jouxte le mur dud. Aubière d’une part, et la rue commune d’autre partie. A donné et lègue à Ollivier Esclany son fils, le cuvaige cy dessus confiné ; plus le quart du molin, situé dans le lieu d’Aubière et au quartier de la Fontaine ; plus la moitié d’une maison située au quartier du chasteau, joignant à la muraille dud. Aubière d’une part, et la maison d’Anthoine Barbeyron d’autre, avec la moitié du chazal de grange au Chambon. A donné à Agnès Morel, fille de feu François Morel son premier mary, à présent femme à Ollivier Aubeny, la somme de vingt …? » Témoins : Michel Dégironde Maugue, Anthoine Dégironde, Guillaume Noellet, Anthoine Vairs, Jehan Pezand, Pierre Tourgon (Me Guillaume Aubény, notaire à Aubière, 5 E 44 12 - A.D. 63).
Quelque chose nous interpelle dans son testament. Ce n’est pas qu’elle lègue le quart d’un moulin ; les propriétés indivises étaient fréquentes même à cette époque. Mais c’est que le moulin de la Fontaine, qui sera propriété du seigneur au XVIIIème siècle, soit celle d’un particulier en 1597 ! En tous cas, c’est la première mention de ce moulin dans les textes.
Notons ici le passage éclair d’un certain François Abrial, parrain lors du baptême du 4 novembre 1601 de Catherine Degironde, née le même jour, fille à Michel Degironde et à Jehanne Roussel. Parrain : François Abrial ; marraine : Catherine Degironde (R.P. Aubière, B.M.S. – 6 E 14/1 - A.D. 63). Il ne réapparaît plus par la suite.

Enfin, arrêtons-nous, encore avec Anthonia Abrial, pour le contrat de mariage du 7 octobre 1603 entre Jehan Pironnet, fils à Pierre, marchand boucher d'Olhiergues, et Michelle Esclany, fille d'honorable personne Anthoine Esclany, habitant du lieu d'Obiere, et d'Anthonia Abrial. La dot de Michelle se compose ainsi, outre un lit de plume garni avec tour de lit à rideaux, coffre fermant à clef garni, draps, nappes, robbes et autres linges…, elle reçoit « une vigne, appelée la Guerade, de dix heuvres, située à Obyere et au terroir de la Bezou ; plus une terre de dix cartellées avec ses arbres, située à Obiere et au terroir des Sauzes, sine de la Pointe du Renard ; plus une autre terre de dix cartellées, faisant deux parcelles, située à Obiere et au terroir des Gravins ; plus un pré appelé la l… ? de Chantoing, contenant une heuvre, situé dans la justice de Montferrand et au terroir du Granouiller ; plus un autre pré de deux heuvres, dans la justice d'Obiere et au terroir de Laschamps, jouxte le pré d'Anthoine Jehan d'une part, et le pré de la cure dudit Obiere d'aultre partie ; plus une maison avec ses aizes, située dans ledit lieu dhobiere et au cartier de la Font, au dessus du molin La future épouze reçoit de son futur époux une robbe … bagues et joyaux d'une valleur de quarante cinq livres… Fait et passé audit Hobiere dans la maison dudit Esclany, en présence de messire François Noellet prêtre dudit Obiere, d'honorable homme Me Jamet du Mollin, greffier dudit Hobiere, d'Anthoine Pironnet, procureur d'office du bailliage d'Olhiergues, de Nohel Bleine, greffier dudit Olhiergues, qui ont tous signé avec les parties, exceptés ladite épouze et Jehan Pironnet. » (Me Guillaume Aubény, notaire à Aubière, 5 E 44 18 - A.D. 63).
Je veux bien qu’à cette époque la notion d’orthographe était fort différente qu’elle ne l’est de nos jours, mais quand même, maître Guillaume ! Là, t’abuse un peu !

© - Cercle généalogique et historique d’Aubière – Pierre Bourcheix.


mercredi 12 novembre 2014

Expo 2014 : "Hommage à nos héros" en photos

La phase 3 de notre expo sur la Grande Guerre se termine ce soir. Voilà quelques aspects en photos de cette dernière partie.


Cliquer sur les images pour les agrandir

Sources :
Archives communales d'Aubière
Archives diocèsaines de Clermont
Archives privées

Et tous les adhérents du C.G.H. Aubière
qui ont participé aux expositions.
Merci à tous les anciens combattants
pour leur présence durant les permanences.
Merci au service culturel de la Mairie d'Aubière.



jeudi 6 novembre 2014

Les maisons de vos ancêtres_03



Grâce à la publication du terrier de 1764, ou Terrier Tiolier, vous pouvez retrouver la maison, grange ou cuvage de vos ancêtres dans le bourg d’Aubière.
Vivaient-ils dans le même quartier ou dans la même maison deux siècles plus tôt ?
Un moyen de le savoir : étudier les actes notariés du début du XVIIème siècle ! Vous apprendrez ainsi où ils habitaient, depuis quand ils vivaient dans tel ou tel quartier, peut-être même la date de l’achat de la maison… Mais ce n’est pas toujours facile.
Je publierai régulièrement sur ce blog, au fur et à mesure de mes lectures des actes notariés d’Aubière, le résultat de mes recherches.

Cette chasse aux maisons et autres granges se fait dans les actes de maître Guillaume Aubeny, notaire royal à Aubière.
Le quartier du Verdier, que nous retrouvons par deux fois dans cette troisième livraison, sera appelé plus tard le quartier du Vergier puis du Verger. Situé entre l’actuelle rue Magenta et l’enceinte ouest du bourg d’Aubière, c’était le verger du seigneur, avant son urbanisation qui est déjà très ancienne en 1605. Nous abordons aussi, pour la première fois, la quartier de la Fontête.

Au quartier de la Fontête
C’est dans un testament du 25 janvier 1605 que nous trouvons la mention d’une maison située dans le quartier de la Fontête, mentionné pour la première fois. Il s’agit de celui de Peyronelle Faugière, veuve d’Anthoine Ameil. Passé un certain âge, dès que l’on est malade, on convoque le notaire pour faire son testament où l’on dit ce que l’on veut faire de son âme (on la confie à Dieu), de son corps (on le fait inhumer dans l’église ou le cimetière d’Aubière au tombeau de ses ancêtres), et enfin de ses biens matériels, meubles et immeubles. Alitée à cause de « malladie corporelle », Peyronelle Faugière est reconnaissante « des bons et agréables soins qui ont esté faits durant sa malladie par Catherine Bellard, femme à Blaize Mosnier, et donne et lègue à lad. Bellard sa maison où elle faict sa résidence, située dans le lieu d’Aubière, quartier de la Fontête, jouxte deux rues de deux parties… » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 20 – A.D. 63). Si l’on en croit les anciens terriers, ce quartier de la Fontête serait imbriqué entre le Roudeix, le Moulin et la Rasette, et même le Sainct Esprit ! J’avoue que j’ai du mal à m’y retrouver.

Extrait du Testament de Peyronelle Faugière du 25 janvier 1605
(5 E 44 20 - Archives départementales du Puy-de-Dôme)

Au quartier du Verdier
Cette permutation du 28 janvier 1605 entre François Gioux, laboureur d’Aubière, et Jacques Gioux, fils à feu Guillaume, aussi laboureur d’Aubière, nous permet de repérer six maisons ! En effet, François Gioux échange « une maison avec ses appartenances, cour, chambres et cuvaige, située dans le lieu d’Aubière et au quartier du Verdier [lire : Verger], confinée par la maison de Noël Dumolin d’une part, la maison de Michel Bourcheir d’autre, le mur dud. Aubière d’autre, et la rue commune d’autre partie » contre, de la part de Jacques Gioux : « une petite maison consistant en une chambre, située dans led. lieu d’Aubière et au quartier du [… ? illisible], jouxte la maison de Jehan Gioux d’une part, la maison de Michel Bonabry d’autre, et le passaige commun d’autre, plus… » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 20 – A.D. 63).

Au quartier de la Place
C’est le 17 avril 1605 que Pierre Dégironde, laboureur d’Aubière, vend à François Gioux, aussi laboureur d’Aubière, « une maison avec ses appartenances, consistant en deux chambres, avec leurs … [illisible] estant au dessous, située dans le lieu d’Aubière et au quartier de la Place, jouxte la maison de Jacques Gioux, fils à feu Anthoine, d’une part, la maison de Guillaume Noellet par sa femme d’autre, la rue commune de nuict, et la maison des hoirs de Gabriel Legay laisné, un passaige commun entre deux d’autre partie, moyennant le prix et somme de six vingt [120] livres tournois. » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 20 – A.D. 63).

La femme de Guillaume Noellet : il s’agit de sa seconde femme, Marguerite Reddon, qu’il a épousée le 20 août 1597 à Aubière.
Les hoirs de Gabriel Legay laisné : les enfants qu’il a eu avec son épouse Françoise Fosson, Agnès et Estienne Legay. Gabriel Legay était déjà décédé lors du mariage de sa fille Agnès avec Guilhaume Solier, le 3 janvier 1591 à Aubière.

Au quartier du Verdier
Retour au quartier du Verdier (ou du Verger) pour une permutation du 23 avril 1605 entre Claude Bourcheir, laboureur d’Aubière, et Jacmet (Jacques) Mallet Minou, aussi laboureur d’Aubière. Claude Bourcheir échange « un petit cuvaige, ou une estable, situé dans le lieu d’Aubière au quartier du Verdier, jouxte la maison de Jacques Marion d’une part, le cuvaige dud. Mallet d’autre, la grange du Sgr d’Aubière d’autre, et la rue à bout d’autre partie », contre, de la part de Jacmet Mallet, « une vigne d’une heuvre, située dans la justice d’Aubière et au terroir de las Faissas… » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 20 – A.D. 63).

Claude Bourcheir, marié depuis le 26 décembre 1602, à Françoise Mathieu.
Jacmet Mallet Minou : c’est son père, feu Michel Mallet, qui fut le premier à porter le sobriquet de Minou ou plus exactement « Michou », ce dernier trouvé dans une vente chez maître Amable Reynaud, notaire à Clermont, en 1586.
Jacques Marion : il s’agit du charpentier d’Aubière, marié à Marguerite Bousse.

Au quartier de la Quaire
Jacquette Mazen reçoit le notaire dans sa chambre alors qu’elle est dans son lit, « mallade de malladie corporelle », pour faire son testament. Nous sommes le 31 octobre 1605. « Elle donne et lègue à Bonnet Cellerier son mary une maison située à Aubière, au quartier de la Quaire, jouxte la rue commune d’une part, et l’aize dud. Bonnet Cellerier d’autre ; laquelle portion de maison led. Cellerier avait acquize par permutation de Guillaume Deperes, en échange d’une terre située dans lad. justice au terroir de Mareschalle […] » (Me Guillaume Aubeny, notaire à Aubière, 5 E 44 20 – A.D. 63).

Sources : Archives départementales du Puy-de-Dôme.

© - Cercle généalogique et historique d’Aubière (Pierre Bourcheix)

Vers Volet 2 ou Volet 4