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mardi 29 janvier 2013

Journal économique de Jean-Baptiste André - 46



1790-1842

Toutes les semaines retrouvez ce document inédit exceptionnel
Le Journal économique du fils du dernier seigneur d’Aubière

Épisode 46
Juin 1796


Juin 1796
[Page 49]

Prix des denrées : froment 24£ ; orge 15£ ; seigle 20£ ; vin 4£ - 3£ 10

1- Le fermier de Noyers ayant payé à Lempdes pour l’an trois les impositions de la vigne de Noyers avec celles du Domaine montantes [sic] en totalité à 22.388£ 5s, et celles de la vigne montantes [re sic] à 4.859£ 10s 3 sur lesquels je lui ai donné 2.000£, je me suis chargé de payer à Clermont pour lui jusqu’à concurrence de ce que je lui dois. On ne reçoit pas encore chez le Receveur de Clermont la portion payable en nature. J’ai payé la moitié payable en assignats.

2- J’ai reçu un avertissement pour le supplément de l’emprunt forcé montant à sept mille livres en numéraire ou mandats. (1)

Mandat territorial de 1796

 3- Ayant été chargé du dépôt des fonds de l’église du Port, je me trouve avoir entre les mains, aujourd’huy 30 juin, la valeur de dix-huit septiers et six coupes bled seigle à raison de 20£ le septier, monte 364 £ plus la caisse de Mr Papon qui, d’après son registre, contient en monnaie 376£, plus un dépôt de Mr de St Aignes montant à … [en blanc], plus une quittance de 2.500£ assignats portant promesse de mandats, plus 200£ petits assignats.

4- J’ai fait faire par les citoyens Clément et Derribes un partage entre ma mère et ma tante, et attendu que ma mère avait reçu 31.000£ par son contrat de mariage, on a délaissé à ma tante pour pareille somme de biens fonds dans lesquels s’est trouvée la maison de St Cirgues et tout ce qu’il y a de plus précieux ; la masse des biens partageables a été portée à 59.000£, d’où il a resté pour chaque lot 14.000£ composés des rentes et du surplus des héritages ; le mobilier a été partagé à égalité et la portion de ma mère cédée à ma tante moyennant 1000£ payés comptant.

5- J’ai fait en conséquence la déclaration de ma mère composée des 31.000£ de son contrat de mariage et des articles composant son lots dans le partage, et je lui ai déposé au département, pour obéir à la loi du 9 floréal concernant les pères et mères d’émigrés.

6- J’ai fait une autre déclaration au contrôle du montant de la succession paternelle. J’ai pris les différentes estimations sur la matrice des rôles, elle a monté à 200.908£ en totalité, sur quoi il y a eu à faire la distraction d’un quart qui doit revenir à la Nation ; ce qui à raison de quinze sols par cent, au lieu de dix attendu que la déclaration n’a pas été faite dans les six mois, a monté à 1130£ 12 en mandats que j’ai acheté à raison de 7£ 10s du cent.

7- J’ai présenté au département une pétition relativement à l’emprunt forcé. J’ai réclamé, contre l’estimation exagérée de notre fortune, qui a été portée à 500.000£, et j’ai demandé de plus la division sur six têtes, ma mère et ma tante et nous quatre, ce qui ferait alors que 80.000£ pour chacun, ce qui nous placerait dans la classe de ceux au-dessous de 100.000.


Annotations de Pierre Bourcheix :
(1) - Mandat : les assignats supprimés, le 18 mars 1796 a lieu la création du mandat territorial, un nouveau billet mis en circulation sur la base de 30 francs d’assignat pour un franc mandat. Le mandat peut s’échanger contre des biens nationaux. Les porteurs de mandat s’empressent de les transformer en terres et domaines : le mandat s’effondre en un an (il vaut alors 1 % de sa valeur d’émission) [source : Wikipédia].




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vendredi 25 janvier 2013

Rue Girard



Histoire des rues d’Aubière

Rue Girard

La rue Girard est sans doute la plus courte rue d’Aubière, située au Massadou entre la place Jean-Jaurès et la rue Nationale. En 1881, elle s'appelait encore la rue du Massadoux.
Elle doit son nom à un maire d’Aubière, Guillaume Girard, premier magistrat de notre ville entre 1800 et 1812. C’est le premier maire à mourir dans l’exercice de ses fonctions.
A cette époque, les maires et les adjoints sont nommés et non pas élus. Les dernières années de sa vie, malade, le notaire et maire, Guillaume Girard, va migrer l’administration municipale en son étude et domicile. Souvent, il oubliera de retranscrire les actes de l’état civil sur les registres ou fera des erreurs sur les prénoms, noms ou sexes de ses administrés. Ses contemporains ne semblent pas lui en avoir gardé rigueur.

Quartier du Massadou sur le cadastre de 1831
La rue Girard traverse aujourd'hui le Massadou entre la rue Nationale et le bief du moulin
(Archives départementales du Puy-de-Dôme)

La veuve Girard convoquée en mairie
Le 26 mars 1812, Mme veuve Girard est invitée à rapporter à la mairie les papiers détenus à son domicile : « Aujourd’hui, 26 mars 1812, nous maire et adjoints de la commune d’Aubière, ayant fait inviter Mme Girard, épouse de Mr deffunt Guillaume Girard, maire d’Aubière, à l’effet de nous faire parvenir à la maison des Secours à domicile d’Aubière (1), servant de mairerie [sic] , tous les registres, papiers et titres qu’elle peut avoir chez elle depuis ou avant le décès de son mari, s’étant faite représenter pour madame Girard, sa mère, qui nous a fait porter deux grandes corbeilles de sapin contenant :
1° une liace [sic] de registres de mariages depuis 1793 jusqu’en 1810 ;
2° des registres des actes de naissances depuis 1793 jusqu’en 1810 ;
3° des registres des actes de mariages et naissances depuis 1760 jusqu’en 1792 ;
4° des actes de décès depuis 1793 ou an 1er jusqu’en 1810 ;
5° des registres de baptêmes et mariages depuis 1730 jusqu’en 1760. Il manque l’année 1753 ;
6° quatre registres de naissances, mariages et décès et publications de 1811 ;
7° plus trois registres doubles de naissances, mariages et décès pour 1812 ;
Enfin, les budgets de 1808, 1809, 1810 et 1811 et douze bandes ou feuilles grandes et petites de parchemin, qu’on nous a dit appartenir aux habitants d’Aubière et les héritiers du sieur André d’Aubière en date de 1416 21 avril (2), et autres titres regardant les habitants et deffunt sieur derolat, et les bottins des loix ainsi que plusieurs lettres ou arrêtés de la Préfecture.
Lui avons délivré duplicata des papiers cy-dessus annoncés sous la réserve de tout autres papiers qui pourraient nous manquer ou de tout droit concernant les comptes de la mairerie, de tout quoi avons dressé le présent procès-verbal à Aubière, ce 26 mars 1812 que nous avons signés. » Ont signé : Voyret, maire, et Foulhouze, adjoint. (3)


Note :
(1) - Maison des Secours : Maison des Sœurs de la Charité. Considérée sous la Révolution comme bien communal, elle a été « réquisitionnée » pour servir de Maison commune. Située, rue de la Rasette, elle fera office de mairie jusqu’en 1868, date de l’achat du « Château » à la famille de Provenchères.
(2) – 1416 21 avril : erreur de date. Il s’agit du 21 avril 1496, date d’une transaction entre les habitants d’Aubière et leur seigneur.
(3) Source : registre des délibérations – Archives communales d’Aubière.

© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière




jeudi 24 janvier 2013

Pour quels maux se soignait le seigneur d'Aubière ?

Il y a bientôt un an, nous avions publié la facture de l'apothicaire du sieur Pierre André, seigneur d'Aubière.

Lulu Sorcière et Rosy, apothicaire du XXIème siècle, nous révèlent aujourd'hui les propriétés des médicaments prescrits par l'apothicaire du XVIIIème siècle, le sieur Bompart. Un régal !   Cliquez sur le titre ci-dessous :

D'un apothicaire à l'autre. de l'an II à l'an 13

 

 

mercredi 23 janvier 2013

Les trous de l’état civil



Un acte de notoriété
 
Si les lacunes des B.M.S. (Baptêmes, Mariages, Sépultures) des registres paroissiaux gênent autant les généalogistes que celles des registres de l’état civil, elles ne provoquent pas les mêmes effets. En effet, depuis septembre 1792, ne pas figurer sur les registres de naissances ou de baptêmes interdit à tout citoyen de se marier, sans un acte de notoriété, établi par le juge de paix, dûment homologué par un jugement du Tribunal de Première Instance.
L’exemple du jour, c’est la mauvaise surprise qui bouleverse les projets de Jean Arnaud en 1830 à Aubière.

Nous venons de fêter Noël en cette année 1829. C’est la période des fiançailles et Jean Arnaud songe à se marier.
Dès les premiers jours de janvier 1830, son père Antoine met à profit sa rencontre avec le maire Jean Foulhouze, et lui apprend que son fils Jean souhaite marier la Marie Mathieu.
« C’est une bonne nouvelle, lui répond maître Foulhouze. Demain, de bonne heure, viens me rejoindre à la Maison commune, j’établirai un extrait de naissance. Il est né en mai 1807, c’est ça ? »
Antoine acquiesce. Les deux hommes se saluent et se quittent.
Le lendemain matin, la rue de la Razette est encore sombre lorsqu’Antoine Arnaud et son fils Jean passent la porte de la Maison commune. Le Maire est là et feuillette un registre. Les salutations sont brèves. Jean Foulhouze s’adresse à Jean Arnaud :
« Ben, mon Jeantou, tu n’existes pas, mon vieux ! J’ai passé en revue tous les actes des années 1807 et 1808, il n’y a aucune naissance à ton nom. Malheureusement, tu n’es pas le seul dont la naissance a été oubliée par les registres. Soit tranquille ça va s’arranger, mais va falloir repousser tes noces. » (1)
Se tournant vers Antoine : « Il faut trouver 7 témoins de la naissance de Jeantou. Des frères, des oncles, des voisins, que sais-je ? Vous avez de la chance, le juge de paix sera là demain pour une autre affaire. Je lui dirai de s’occuper également de votre cas. J’établirai un certificat pour l’absence de l’acte de naissance. Tu penses trouver ces 7 personnes, Antoine ? » Sur la réponse positive d’Antoine, ils se donnent rendez-vous pour le lendemain.

Page 1 de l'acte de notoriété de Jean Arnaud (1830)
(Archives communales d'Aubière)

Le vendredi 8 janvier 1830. « Ont comparu Antoine Arnaud dit Baraban, cultivateur habitant du lieu et commune d’Aubière, et Jeanne Dégironde sa femme, lesquels ont dit que de leur mariage est issu un enfant nommé Jean Arnaud. Ils ont conduit devant nous sept témoins pour se conformer à l’article soixante et dix du code de procédure civile à l’effet de constater l’âge du dit Jean Arnaud. Les recherches faites sur les registres des actes de l’état civil ayant été infructueuses ainsi qu’il appert du certificat de Monsieur le Maire de la commune d’Aubière en date de ce jourd’hui… » (2)
Les sept témoins :
·         Antoine Arnaud, oncle germain paternel de Jean Arnaud, âgé de trente deux ans (3) ;
·         Jean Arnaud, autre oncle germain paternel de Jean, âgé de trente cinq ans (4) ;
·         Jean Martin, oncle par alliance de Jean, âgé de trente sept ans (5) ;
·         Amable Dégironde, oncle germain maternel de Jean, âgé de quarante huit ans (6) ;
·         Michel Dégironde, également oncle germain maternel de Jean, âgé de quarante trois ans (7) ;
·         Jean Arnaud, grand-oncle paternel de Jean, âgé de soixante-huit ans (8) ;
·         Claude Arnaud, autre grand oncle paternel de Jean, âgé de soixante-deux ans (9).
Ils sont tous cultivateurs et habitants d’Aubière.

Erreur de transcription du greffier ou… faux témoignage ?
Quand les témoins ne donnent pas le bon prénom du père…
« Lesquels nous ont déclaré et certifié que Jean Arnaud est fils légitime de Jean [!?] Arnaud dit Baraban et de Jeanne Dégironde, et qu’il est né le douze mai de l’une des années mil huit cent sept ou mil huit cent huit dans le chef lieu de la commune, qu’il doit avoir vingt deux ans à peu près, que depuis sa naissance, il a constamment été soigné, nourri et élevé par ses père et mère, qu’il a toujours été reconnu par eux publiquement comme leur enfant légitime, que cependant, malgré les recherches réitérées le dit Jean Arnaud dit Barabanc et sa mère n’ont pu se procurer son acte de naissance parce que les registres de l’état civil de la dite commune ont été mal tenus en cette époque, que beaucoup de naissances de ces années ont été négligées d’être portées par ceux qui étaient chargés de cet emploi. (…)
Desquels faits que les comparants ont affirmé sincères et véritables, nous avons délivré le présent acte de notoriété pour suppléer l’acte de naissance du dit Jean Arnaud, fils d’Antoine Arnaud dit Barabanc et de Jeanne Dégironde, à la charge cependant de l’homologation prescrite par la loi. »

Pourquoi ne pas convoquer la sage-femme ?
En effet, s’il y a quelqu’un qui peut témoigner de la naissance d’un enfant, c’est bien la sage-femme qui a accouché la maman !
Quelle était la sage-femme en activité en 1807-1808 ? Il y en avait deux à Aubière, ces années-là : Marie Bonnabry, épouse de Jean Noëllet, et sa fille, Louise Noëllet.
Marie Bonnabry exerce toujours en 1807 et 1808, souvent d’ailleurs avec l’aide de sa fille. Cette dernière, Louise Noëllet, a suivi avec succès une formation à Clermont, et, à ce titre, elle est la première Aubiéroise à porter le titre d’« accoucheuse jurée ». En mai 1807, elle est enceinte de sa dernière fille, qui naîtra le 8 octobre 1807.
En 1830, Marie Bonnabry ne peut pas témoigner puisqu’elle est décédée depuis 1815. Sa fille, Louise, est veuve depuis 1823. Elle a 59 ans et elle exerce peut-être encore ou pas. Sa mémoire lui fait sans doute aussi défaut.

Page 1 du jugement d'homologation de l'acte de notoriété
de Jean Arnaud (1830)
(Archives communales d'Aubière)

L’homologation
Elle date du 20 janvier 1830.
Vu la requête du président Lamarque ;
Vu le procès-verbal d’acte de notoriété dressé par le juge de paix, Rispal (…) ;
Vu les conclusions du procureur du Roi : « Nous, Procureur du Roi, estimons qu’il y a lieu d’ordonner l’homologation demandée. » Signé : Chasteau du Breuil, Procureur du Roi ;
« Le Tribunal déterminé par les motifs énoncés aux conclusions écrites de Monsieur le Procureur du Roi, homologue le procès-verbal d’acte de notoriété dressé par le juge de paix de la section sud du canton de Clermont, le huit du présent, pour être exécuté conformément à l’article soixante dix du code civil à l’effet de suppléer à l’acte de naissance de Jean Arnaud pour contracter mariage. (…)
Fait à l’audience du vingt janvier mil huit cent trente. »

Jean Arnaud et Marie Mathieu se sont mariés devant maître Jean Foulhouze, maire et notaire d’Aubière, le 20 janvier 1831.


Annotations [tous les actes, sauf mention contraire, ont eu lieu à Aubière] :
(1) – De 1800 à 1812, c’est Guillaume Girard qui est maire d’Aubière. Notaire de profession (comme Jean Foulhouze plus tard), Guillaume Girard a une santé fragile et, par commodité, il va transférer toutes ses activités de maire à son domicile, qui est aussi son étude notariale. C’est ainsi que les registres vont être transférés de la rue de la Razette à l'impasse Saint-Joseph. Cependant, lorsqu’on lui déclare une naissance ou un décès, le brave notaire oublie quelque fois d’en faire la transcription sur le registre. D’où les absences rencontrées, mais aussi les erreurs de prénom, de nom ou de sexe… Après sa mort, en 1812, sa veuve rapportera à la Maison commune tous les registres et les dossiers « municipaux » qu’il conservait chez lui (voir la rue Girard).
(2) – Antoine Arnaud baraband (°13/08/1782) a épousé Jeanne Dégironde (°20/10/1780) le 17 janvier 1805. Notons que le juge de paix, Charles François Rispal ne cherche qu’à confirmer l’âge de Jean Arnaud ; sa filiation n’a pas l’air de poser problème…
(3) – Antoine Arnaud : Il s’agit d’Antoine le jeune, frère d’Antoine, père de Jean. Il est né le 8 juillet 1798, sans alliance connue.
(4) – Jean Arnaud : c’est aussi un frère d’Antoine, le père de Jean.
(5) – Jean Martin : c’est un beau-frère à Antoine, le père de Jean. Il est né le 30 avril 1794, il s’est marié avec Anne Arnaud (sœur d’Antoine), le 24 novembre 1817.
(6) – Amable Dégironde : C’est le frère de Jeanne Dégironde, la mère de Jean. Il y a une erreur de 10 ans sur son âge : il est né le 25 avril 1772, marié le 9 janvier 1797 avec Marie Janon.
(7) – Michel Dégironde : autre frère de Jeanne Dégironde. Il est né le 14 septembre 1787, marié le 27 février 1813 avec Marie Vergne.
(8) – Jean Arnaud : oncle paternel d’Antoine. Il est marié à Anne Planche depuis le 23 janvier 1781.


mardi 22 janvier 2013

Journal économique de Jean-Baptiste André - 45



1790-1842

Toutes les semaines retrouvez ce document inédit exceptionnel
Le Journal économique du fils du dernier seigneur d’Aubière

Épisode 45
May 1796


Journal économique de Jean-Baptiste André (1790-1842) - page 48 (détail)
(Archives privées)

May 1796
[Page 48]

Prix des denrées : froment 24£ ; seigle 21£ ; orge 15£ ; vin 3£ le pot

1- J’ai payé toutes mes impositions d’Aubière montantes [sic] en assignats à la somme de cinquante mille et quelques cents livres en assignats. Je les ai payé [sic] en rescriptions, pour la moitié payable en nature, de manière que j’ai donné pour 750£ de rescriptions et 1500£ d’assignats. Les rescriptions avaient été achetées en numéraire à 72%.

2- J’ai payé pareillement mais en assignats les impositions de la vigne de Noyers montantes à 4859£ 10s 3.

3- Le fermier de Noyers étant dans le cas de me payer son terme en mandats en prenant le prix des trois premiers marchés de may où le bled ne s’est encore vendu qu’en argent, j’ai consenti à lui donner du temps jusqu’après moissons à la charge par lui de me payer cent septiers de bled en nature.

4- J’ai affermé en détail tout le foin du pré Rouger à la réserve du petit pré que j’ai gardé pour moi, savoir les six premières listes (1) à Jean et Thomas Bayle moyennant 45 pots de vin estimé à 3£ 5s monte à 146£, les cinq listes au-dessus à Etienne Montel 105£, les deux listes au-dessus à Giraud Decorps 40£, les quatre listes au-dessus à Pinton 60£, les quatre listes au-dessus à François Bayle 72£, les neuf listes au-dessus aux Bizols (2) moyennant 171£, les six listes au-dessus à Jacques Mazin moy. 186£.

5- J’ai fait marché avec Carmillou (3) charpentier pour faire le plancher du grenier à foin au-dessus de l’étable à bœufs pour trois quartons par semaine dont deux bled et un pamoule sans dépens ; il prendra à pris des anciennes planches dans la caudale.

6- La garenne ayant très peu de foin cette année-ci, j’ai consenti à la prendre sur mon compte pour cette année en gardant six journaux de regain pour moi dans le pré Rougier, et en conséquence j’ai affermé le foin de la garenne moyennant trois cent soixante livres à François Thévenon, Amable Thévenon fils à Amable, autre Amable Thévenon, Jean Roche, Guillaume Roche et Antoine Blanc. J’ay [sic] été payé de la moitié sur le champ, l’autre moitié avant fenaison qui se fera avant St Jean.

7- J’ai planté une borne aux Vergnes à l’endroit où le vent a arraché un très gros noyer, savoir dans l’angle de la grande terre au nord, laquelle a sa direction du midy au nord et du couchant au levant.

8- Je suis convenu avec Mr Ceyrat, acquéreur du Domaine du Grand pré, de faire réparer à moitié frais le mur qui est entre son pré et la garenne de Noyers, attendu qu’il paraît mitoyen et qu’il y avait utilité pour lui et pour l’autre. Il y avait aussi une contestation entre mon fermier et le sien par rapport à la prise d’eau. J’ai vérifié s’il n’y avait pas de titre à cet égard aux archives de la cathédrale : il s’est trouvé une transaction sur procès du … [en blanc] qui porte que depuis le commencement du printemps jusqu’aux fenaisons, la cathédrale doit l’avoir quatre fois la semaine et moi trois, et depuis fenaisons jusqu’aux regains, la cathédrale trois fois seulement et moi quatre. Nous sommes convenus provisoirement de la prendre chacun notre semaine.


Annotations de Pierre Bourcheix :
(1) – Listes : lire lites, bandes de terre en sol humide.
(2) – Bizols : Bizols ou Bizole est un sobriquet d’une lignée Bourcheix.
(3) – Carmillou : carmes ou carmillou, l’un des sobriquets des Gioux.



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