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mardi 30 octobre 2012

Journal économique de Jean-Baptiste André - 33



1790-1842

Toutes les semaines retrouvez ce document inédit exceptionnel
Le Journal économique du fils du dernier seigneur d'Aubière

Épisode 33
Mai 1793


Mai 1793
[Page 36]

Prix des denrées : froment 72£ ; seigle vendu 62£ ; vin vendu 7£ 5s

1- L’ancien fermier de Noyers est sorti du domaine et les nouveaux s’y sont installés.

2- On a vendu à la foire de Clermont les deux taureaux qui avaient été achetés à st André moyennant six cents vingt livres. On avait mis en foire les chevaux, des commissaires du district ont arrêté le petit et il a été estimé par Baldrau 150£, on en trouvait dix sept louis à la foire, on a retiré l’autre fort à propos.

3- Des trois pièces de petit vin qui étaient à Clermont on en a rempli deux entières et on a mis le este dans les quatre poinçons qui sont à Aubière ; ces deux pièces seront encavées ainsi que treize pièces de vin y en ayant une de vendue. Le marché de l’encavage est fait à vingt livres. On a … toutes les pièces avec le reste de celle qui a été vendue. Les deux pièces de vin vieux qui sont dans la grande cave seront placées dans la petite où il y en a autres deux d’entamées.

4- On a fait faire la rase de la grande terre le long du chemin de la foissas et on a relevé le terrain sur le bord, ce qui empêchera les bestiaux d’endommager le bled.

5- On a fait sarcler la pamoule et l’avoine où il y avait des chassides (1) ; on a payé les journées de femmes dix sols. On a fossoyé la vigne pour la 2ème fois.

6- La municipalité de Clermont a écrit une lettre pour annoncer qu’elle voulait se libérer vis-à-vis ses créanciers, et nous a invité en conséquence à déposer les titres de nos rentes entre les mains du citoyen Louirette, commissaire nommé à cet effet, pour en faire la liquidation. Ce remboursement doit se faire sur le seizième des biens nationaux vendus qui doit lui revenir en vertu de l’option qu’elle a du faire de conserver ses patrimoniaux en payant ses dettes. Nous n’avons encore remis aucun titre jusqu’à nouvel ordre.

7- Jacques Monier, à qui j’ai affermé les quatre lites au-dessous du petit pré Rougier en y comprenant l’éguille (2), a prétendu en prendre une de plus qui a été assensée à Paul Jalut. J’ai dit à celui-ci qu’il eut à la faucher et que Monier me ferait assigner s’il trouvait à redire.

8- On fait toujours quelques dégâts dans la garenne. Le meunier d’en-bas y avait conduit son cheval sous le prétexte que c’était autrefois le pré du meunier ; les moutons, en passant, mangent les bords ; les cochons y entrent souvent ; et les gens s’y promènent les dimanches.

"...on en a envoyé six septiers au moulin..."

9- Dans la crainte qu’on vint à manquer de bled, on en a envoyé six septiers au moulin de Gerzat, appartenant au fermier des Vergnes, et autres six à celui de Clermont ; il en reste quatorze dans l’arche qui ont été déclarés à la visite que les commissaires de la section sont venus faire à la maison. Ils n’en ont pas encore requis pour le marché. La municipalité d’Aubière a aussi fait une visite et n’a rien trouvé.

10- Plusieurs particuliers ont fait des fenêtres sur le jardin et sur la garenne dans l’idée que les fossés leur appartiennent. Dans la garenne, c’est Charles Dégironde le paysan (3) ; dans le jardin, ce sont Jacques Fournier (4), Michel Bourcheix dit drevou (5). Maumy (6) a aussi fait une petite fenêtre à une grange qu’il a fait bâtir sur le mur des fossés. Il a aussi pratiqué un trou pour faire écouler l’eau. Il faudra faire griller (7) toutes ses ouvertures ; j’ai fait avertir pour cela tous ces particuliers.

11- Le temps a été assez frais pendant tout ce mois ; il a plu beaucoup et a fait une gelée fort légère.


Annotations de Pierre Bourcheix :
(1) – Chassides (?) : mauvaises herbes.
(2) – Éguille : lire aiguille, pièce de bois ronde ou carrée qui sert à ouvrier ou à arrêter le passage de l’eau.
(3) – Charles Dégironde : comme son père et ses frères, il porte le sobriquet familial, paysan ou le paysan. Charles, fils de Guillaume et Jeanne Gioux, est né le 13 juillet 1764 à Aubière ; il s’est marié le 11 janvier 1791 avec Anne Monteil.
(4) – Jacques Fournier : fils de Jean et de Françoise Montel, Jacques est né en 1737, marié en 1760 avec Dauphine Thévenon.
(5) – Michel Bourcheix dit drevou : je soupçonne fortement Jean-Baptiste André de s’être trompé de prénom, car chez les drevou, il n’y a pas de Michel. C’est un prénom attaché aux Bourcheix dit Bizolle. Cependant, les Bourcheix drevou habitent bien ce quartier. On se souvient, qu’en 1790, leur maison avait brûlé. Est-ce alors un prénom d’usage, sans aucun lien avec l’état civil ? Mais, dans ce cas, de quel Bourcheix drevou s’agit-il ?...
(6) – Maumy : sans prénom, c’est assez difficile de savoir de qui il s’agit. Parmi les Maumy, mâles, vivants en 1793, seuls deux frères peuvent prétendre être celui-là : fils de François et d’Anne Pezant, ils se prénomment Antoine (marié en 1770 avec Françoise Fourcaud) et Jean (marié en 1768 avec Anne Cotterousse).
(7) – Griller : grillager.



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