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mardi 4 septembre 2012

Journal économique de Jean-Baptiste André - 25



1790-1842

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Épisode 25
Septembre 1792


Septembre 1792
[Page 28]

Prix des denrées : froment 50£ ; bled 42£ ; vin 7£

1- Un décret du mois d’aoust a anéanti les liquidations de dixmes ainsi que les reconnaissances de liquidations qui ne sont point encore employées.

2- On a fauché le regain de la garenne. Il y en a eu sept chars que l’on a mêlé avec de la paille de pamoule prise de droite et de gauche et pour laquelle on rendra de la paille de seigle. On l’a mise dans la petite grange. On a donné pour la faucher 22 £, 4 pintes par homme de petit vin. Le petit pré Rouger compris, il y a eu dans le petit pré deux chars de regain. Le tout n’a été achevé à cause des pluies que le … [en blanc] de ce mois.

3- On a affermé les noix quarante livres d’huile. Il n’y avait que trois noyers qui en eussent, encore en avait-on abattu une partie.

4- On a cueilli les pomes de la garenne ; il n’y en a pas eu une bertée. Les enfants gâtaient les arbres pour les avoir.

5- On a, le dimanche 9, cassé la fenêtre du Rossignol qui donne du côté de la garenne à coups de pierres. Les chenilles ont mangé cette année presque tous les choux et choux fleurs dans le jardin. On fait achever le canal de la grande terre. On y a fait conduire des pierres pour cela. On comble aussi la rase de petites pierres. Elle est prête à semer.

6- La vache rouge a été conduite de la montagne ; elle y avait fait le veau, le mois dernier. Il a été vendu 8 £.

7- On a fossoyé les raves du petit champ voisin.

8- J’avais adressé à Paris, à Martin Gibergues, le reconnaissance de soixante et dix mille francs que j’avais obtenue au département. Je n’en ai pas su de nouvelles et il paraît que cela aura été perdu.

9- Je suis allé à St Cirgues pour planter des bornes dans les terres. Celles de St Vincent sont plantées en grande partie. Cela s’est fait à l’amiable. J’ai fait assigner devant le juge de paix Annet Olanier, qui n’a pas voulu en planter.
Je prierai que l’on donne pouvoir à quelqu’un pour Mr de Lassalle afin que l’on puisse en planter avec lui.

10- Le mur touchant le cabinet voûté de la maison de Clermont s’étant écroulé en partie du côté de chez Mr de Marant, on a fait passer des experts pour savoir aux frais de qui il devait être réparé. Mr Duval l’a vu. Il a été décidé qu’il le serait à frais communs pourvu qu’on ne le fit pas plus épais ; une plus grande épaisseur serait faite à nos dépens et sur notre terrain.

11- On a encore continué les dévastations à Aubière. On a fouragé [sic] dans la vigne, jetté des pierres et emporté des tuiles à la grange du bois, coupé les melons dans le jardin, gâté des arbres dans la garenne ; et heureusement qu’il n’y a pas eu du tout de fruits dans les vergers. On n’a pas [r]amassé une pomme dans le pré Rougier.

"Tous les bestiaux du village ont été introduits dans les vergers..."

12- Tous les bestiaux du village ont été introduits dans les vergers pour y manger la dernière herbe. On y a même conduit les chèvres. Cependant, la municipalité les en fit chasser. Toute l’herbe a été mangée en moins d’une journée. On a fait de même dans tous les vergers.

13- On a fait battre pour les semailles les gerbes qui avaient été choisies et mises à part. Il a fallu porter ce bled à Clermont parce qu’on menaçait de venir le chercher. Les pluies presque continuelles qu’il a fait feront qu’on ne pourra pas le semer de sitôt.

14- On a écarté dans le grand champ voisin tout le fumier qu’il y avait dans le creux et que l’on n’avait pas pu écarter au printemps. On y mettra celui qu’on aura avant de semer.

15- On a vendu deux milliers de verges à 24 £ sols [sic] le cent à plusieurs particuliers d’Aubière.

16- On a vendu le mauvais pressoir qui était au fond du grand cuvage moyennant 100 £.

[Situation de la grande terre et du grand Champ voisin : Cadastre de 1831]




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