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samedi 31 décembre 2011

Nouvel An 2012


Le Cercle généalogique et historique d'Aubière
vous souhaite une bonne et heureuse année 2012
Que tous vos souhaits, tant généalogiques que familiaux, se réalisent !

Impasse Talma

Histoire des rues d’Aubière

François-Joseph Talma

Cette impasse prend à droite dans la rue du 4-Septembre, au nord de l’ancien quartier de la Quaire. Elle conduit à une placette où se trouve un lavoir, aujourd’hui désaffecté.

Le lavoir de l'impasse Talma en 1971

Elle doit sans doute son nom au célèbre comédien François-Joseph Talma, l’acteur préféré de Napoléon 1er. Il meurt en 1826 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise.


© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière


Auvergne-Canada : Ponteix en Saskatchewan (Canada)

L’épopée canadienne d’une poignée d’audacieux Auvergnats…

Dès 1890, le gouvernement canadien cherche à peupler la province de la Saskatchewan, en plein cœur du Canada. L'abbé Royer l'apprend dans un article de l'abbé Gaire. Rêvant de fonder une paroisse dédiée à la Vierge Marie, il convainc quelques-uns de ses paroissiens auvergnats à le suivre dans l'aventure.
C'est ainsi que naît la paroisse Notre-Dame d'Auvergne (1908), qui deviendra Ponteix (1914), dans le sud-ouest de la Saskatchewan.

Ponteix en Saskatchewan (Canada)

L'abbé Albert-Marie Royer est né à Combronde (Auvergne, Puy-de-Dôme) en 1860. Il est ordonné prêtre et exerce son premier ministère à Aubière (Puy-de-Dôme) comme vicaire de l'abbé Teytard, entre 1885 et 1890.
Nommé curé de Ponteix, petit village dans la commune d'Aydat (Puy-de-Dôme), l'abbé Royer va arpenter les paysages qui s'offrent à lui aux pieds des Monts Dôme. Il les fixera par la photographie, art nouveau qu'il affectionne tout particulièrement. Il met aussi à profit ces ballades pour mettre en scène ses héros des "Drames de la Monne", qu'il publie d'abord sous forme de feuilleton. Ses paroissiens lisent assidûment ces aventures qui paraissent dans le journal catholique "La Croix d'Auvergne" sous la signature de Jehan L'HERMITE. Et, au cours de ses visites dans les villages et hameaux de son secteur, il se plaît à bavarder avec ses lecteurs. Il les questionne, provoque leurs réactions, écoute leurs critiques et leurs attentes. De retour dans sa cure, il oriente le déroulement de l'action de ses héros, faisant monter la pression ou bien glissant insidieusement vers un dénouement heureux et conforme à la bonne morale de cette fin de 19ème siècle. Déjà, le lecteur participe, sans le savoir, aux rebondissements aventureux de la vie de ses héros. Ce roman paraîtra en 1899 sous les presses de l'Imprimerie Moderne de Clermont-Ferrand. (1)
Passé le siècle, l'envie de fonder une paroisse en l'honneur de la Vierge Marie taraude l'abbé Royer. Il va d'abord prospecter en Algérie. La vision d'horizons nouveaux l'attire au point que l'article de l'abbé Gaire, vantant les grandes prairies canadiennes, ne peut que le séduire.
La réalisation de son rêve ne se fera pas sans difficultés. Mais sa persévérance aura raison de tous les obstacles. En 1908, la paroisse Notre-Dame d'Auvergne est fondée ; en 1914, le nouveau village, déplacé à cause de la ligne de chemin de fer, porte le nom de son ancienne paroisse auvergnate : Ponteix. En 1913, des religieuses de l'ordre de Notre-Dame étaient venues ouvrir un couvent à Ponteix. Le charisme de l'abbé Royer aura attiré un grand nombre de colons francophones dans toute la région où se fondèrent de nombreuses villes.
Il mourra en 1922 près de ses paroissiens aux multiples origines. Son souvenir a marqué ses contemporains, et aujourd'hui encore, on ne peut parler de Ponteix en Saskatchewan sans faire référence à l'abbé Royer et à son œuvre.

Le Centre Culturel Royer de Ponteix est le siège social de l'Association "Les Auvergnois". Cette association regroupe des francophones et francophiles de la région de Ponteix au Canada. Elle a pour but de promouvoir la culture française (tourisme, économie, culture et éducation) et de sauvegarder l'histoire et l'origine de Ponteix. Ses membres font parties des "Fransaskois", terme dont l'origine fut trouvée, par hasard, sur l'Internet :
« Ce n'est que depuis 1970 que les francophones de la Saskatchewan ont adopté le nom "Fransaskois" pour s'identifier comme groupe linguistique de langue officielle.
En fait, les Fransaskois sont d'origines diverses. La plupart trouvent leurs racines en Nouvelle-France et dans la vallée du Saint-Laurent. Les chemins qui ont mené ces gens à la Saskatchewan ont parfois été longs et compliqués mais la plupart des familles ont participé aux projets de colonisation menés par le clergé franco-canadien et québécois au début du 20ème siècle.
Les Fransaskois sont essentiellement un groupe linguistique qui possède une origine culturelle variée. Européens (Français, Suisse, Belge) Franco-américain et Québécois. A ceux-ci nous pouvons ajouter les Libanais, Vietnamiens, Haïtiens etc., qui habitent la Saskatchewan.
La majorité des Fransaskois sont en Saskatchewan depuis les années 1910-1920. En fait les 60 villages et communautés fransaskoises se sont établis au début du 20ème siècle. Cependant depuis la deuxième guerre mondiale de nouveaux immigrants de langue française viennent renforcer les rangs de la communauté fransaskoise. Ils s'installent surtout dans les villes, parmi eux plusieurs œuvrent pour les associations francophones et la fonction publique fédérale, d'autres s'impliquent directement dans le bénévolat local.
Beaucoup de Fransaskois se considèrent encore aujourd'hui des Canadiens-français, le terme Fransaskois étant encore relativement nouveau. D'autres préfèrent se dire Franco-canadiens, ce terme est plus global et inclut tous les parlants français de naissances. Lorsque l'ACFC se dote de son nom en 1918 les fondateurs utilisent le terme "franco-canadien" pour identifier la clientèle de l'association.
Le terme Fransaskois est un nom que les gens adoptent de façon individuelle dépendant du degré d'importance qu'ils accordent à la langue française dans leur vie personnelle tout comme l'implication qu'ils donnent à la vie socio-politique et socio-culturelle en français en Saskatchewan.
Cependant, nous considérons que les francophones de langue maternelle en Saskatchewan identifiés lors des recensements du Canada (2,3% de la population totale), sont des Fransaskois
».

À l'aube du 21ème siècle, Ponteix en Saskatchewan est une ville dont l'activité principale repose toujours sur l'agriculture. On y trouve de vastes exploitations de plus de 200 hectares chacune. Pour faire face aux difficultés commerciales, les fermiers tentent de se diversifier en s'orientant vers l'élevage (autruches, faisans). Mais, contrairement à la plupart de leurs homologues français, les "ranchers", comme on les appelle là-bas, participent à la vie citadine, dès que leur journée est terminée. On peut ainsi les rencontrer dans les restaurants, à la piscine ou au golf.
Cependant, Ponteix reste un village avec ses quelque 600 habitants. Son isolement au milieu de vastes surfaces destinées à la culture céréalière, qui semblent se prolonger au-delà de l'horizon, l'oblige à disposer de tous les services nécessaires à notre époque. Vous y trouverez des centres commerciaux, un hôpital, des écoles, des banques, des restaurants… L'hôtellerie est très développée : vous pouvez réserver votre chambre d'hôtel de chez vous, via Internet !
La vie associative y est très riche, et les occasions de faire la fête sont nombreuses à la belle saison entre juin et novembre. Juillet est justement l'époque du pèlerinage à Notre-Dame d'Auvergne.

Notre-Dame d'Auvergne

C'est la plus haute église sans piliers de tout le sud-ouest de la Saskatchewan. Les deux flèches de Notre-Dame d'Auvergne de Ponteix culminent à plus de 40 mètres de haut et sont visibles à des kilomètres à la ronde. Ses cloches "Paccard", au nombre de quatre, sonnent matin, midi et soir. Elles ont été fondues en Haute-Savoie, à Annecy le Vieux. Cette église succède à une autre église, construite à partir de 1914. Un incendie la détruira, en 1923, peu après le décès de l'abbé Royer.
C'est de cette église de bois que la piéta, baptisée Notre-Dame d'Auvergne par l'abbé Royer et ses paroissiens, échappa aux flammes, grâce au courage d'un jeune homme, Wilfrid Liboiron. C'est au cours de son troisième voyage en 1908, que l'abbé Royer ramena la statue en Saskatchewan. C'est à Aubière, où il avait exercé son vicariat quelque vingt ans plus tôt, que l'abbé Royer "prit en charge" la piéta que lui offrait le chanoine Teytard, curé d'Aubière. L'origine de cette statue est inconnue. On ignore aussi comment elle se trouvait entre les mains du chanoine Teytard en 1908. Nos amis Canadiens estiment qu'elle date de 1490 ; mais elle pourrait dater du 16ème ou 17ème siècle seulement. Qu'importe, aujourd'hui, elle est considérée, à juste titre, comme un trésor.

Abbé Teytard, curé d'Aubière


Les pionniers d'Auvergne.
C'est en mars 1906, que l'abbé Royer part pour sa première traversée de l'Atlantique avec Baptiste Brousse, originaire de Rouillas-Haut. Ce dernier partagera les premières difficultés rencontrées en Saskatchewan. Mais il s'installe rapidement à Gravelbourg (Sask.). Sa famille auvergnate ne possède que deux lettres de lui : une de 1923 et l'autre de 1950, mais pas d'adresse. Il ne reviendra jamais en France.
En octobre 1906, suite à une réunion en vue du projet de jumelage d'Aydat, chef-lieu de la commune où se trouve Ponteix en Auvergne, et de Ponteix en Saskatchewan, sa nièce Eliane Beaudonnat, demande que l'on retrouve la trace de son oncle Baptiste. Michel Jestin, de La Cassière, s'y consacre activement et, via Internet, retrouve les descendants de Baptiste Brousse, en février 1997 en Ontario. Cette découverte donnera lieu à d'émouvantes retrouvailles.

Lors de son second voyage, en octobre 1906, l'abbé Royer emmène avec lui Barthélemy Guièze, et Jean Bayle.
Barthélemy Guièze est né à Ponteix (Aydat) le 25 août 1882. Il est le fils de Jean et de Marie Savignat. Avec ses compagnons, il découvre le site où s'implantera la première paroisse de l'abbé Royer, qui sera baptisée Notre-Dame d'Auvergne. Est-ce la mort de l'abbé en 1922 qui le pousse à quitter cette terre, plutôt ingrate après tout, et à revenir dans son Auvergne natale, où il se marie, le 3 février 1923, avec Félicie Fage du village d'Authezat (Auvergne) ? Son fils Raoul deviendra maire de ce village vigneron. Barthélémy y décède le 29 avril 1959.
Jean Bayle est né à Aubière, le 17 mars 1874 ; il est le fils de François et de Jacquette Montel. Comme Barthélemy Guièze, il acquiert pour 10$ de l'époque un "Homestead" de 83 hectares (160 acres) et participe aux premiers défrichages et aux premiers semis.
Ils sont rejoints au début de 1908 (3ème voyage de l'abbé Royer) par Barthélemy Vaury, son épouse Philomène Guièze, dite Odile, cousine germaine de Barthélémy Guièze, et Joseph Morel, tous trois de Ponteix (Aydat). Barthélémy Vaury crée le premier bureau de Poste, qui se trouve être l'une des deux premières maisons de Notre-Dame d'Auvergne, avec celle que l'abbé Royer partage avec Barthélémy Guièze. Il décède le 11 août 1910 à Ponteix (Sask.). Sa femme, Odile Guièze, devient alors la postière de Ponteix (Sask.). Jean Bayle vivra avec elle. Ils s'unissent à New-York (USA) entre 1919 et 1921. Ils n'auront pas d'enfant. En 1929, ils décident de rentrer en France, en raison de l'état de santé de Jacquette Montel, la mère de Jean Bayle. Quelques années plus tard, ils feront construire une villa à Aubière, route de Beaumont (aujourd'hui, avenue du Mont-Mouchet). Après le décès de Jean Bayle (le 23 août 1953 à Aubière), Odile Guièze séjourne à la maison de retraite "Notre Dame", 2, rue du Couvent à Mozac (Puy-de-Dôme), près de Riom. Elle décède à Riom (Puy-de-Dôme), avenue de la Libération, le 5 mars 1968. Elle était née le 22 février 1876 à Ponteix (Aydat), de Antoine Guièze et Marie Chaduc.
Joseph Morel est rejoint en 1913 par son fils Xavier Morel (né en 1880) et son épouse Léa (née le 11 février 1889 à Saulzet-le-Froid ; sœur de Barthélémy Guièze), peu après la naissance de leur fille Raymonde (née en 1913, elle est alors âgée de trois mois). Celle-ci va grandir au milieu des prairies. Mais, en 1918, sa mère Léa meurt. Âgée de 5 ans, Raymonde est élevée par Odile (Philomène) Guièze, cousine germaine de Léa. Puis, son père se remarie avec une Canadienne. C'est à la demande de sa grand-mère maternelle que Raymonde va rentrer en France, accompagnée par le couple Bayle, en 1923. Son grand-père, Joseph Morel, meurt en mai 1920 à Espinasse (63), lors d'un séjour en France. Xavier meurt en 1967 en Saskatchewan. Ses descendants vivent aujourd'hui en Alberta (Canada). Raymonde (Mme Mazeleix) vit toujours à Ponteix (Aydat, France) ainsi que ses enfants. Elle retourne fréquemment au Canada. Sa demi-sœur vient également en France, ainsi que ses neveux et nièces.

Grâce à l'association "Philadelphia", dont le siège est à Aydat, des contacts se sont établis : venue à Aydat de quelques Canadiens (janvier 1999) ; voyage en Saskatchewan de membres de "Philadelphia" (été 1999) ; enfin, en mai 2000, voyage des élèves de l'école de Fohet et signature d'un pacte d'amitié entre les deux municipalités à Ponteix (Sask.).
Un livre retraçant l'épopée de ces pionniers est actuellement en préparation, reprenant toute la correspondance de l'abbé Royer avec sa famille, et illustré de nombreuses photographies. (2)

NOTES :
(1) - Des paroissiennes recopièrent soigneusement ces feuilletons sur des cahiers. C'est grâce à ces copies qu'il a été possible de rééditer " Les drames de la Monne " en 2000, aux éditions du Miroir, Clermont-Ferrand.
(2) – Ce livre est paru en décembre 2001, sous le titre : de PONTEIX (Puy de Dôme) à PONTEIX (Saskatchewan), La conquête de l’Ouest de l’abbé ROYER (1860-1922), sous la plume de Maurice Mandon. (cette note a été rajoutée en 2010).

© Cercle généalogique et historique d’Aubière, 2001 - (Pierre Bourcheix)



vendredi 30 décembre 2011

Rue Emmanuel-Chabrier

Histoire des rues d'Aubière

Rue Emmanuel-Chabrier

Sous l’Ancien Régime, le quartier traversé par cette rue s’appelait quartier de la Treille (de l’occitan Trolhas, ruisseau, source). C’est ainsi que le premier nom de cette rue fut « rue de la Treille ». A partir de 1850-1860, on ouvre un nouveau cimetière à l’emplacement actuel. C’est depuis que la rue a pris le nom de « rue du Cimetière ».

[Nota : La rue des Voultes prend dès lors le nom de rue de la Treille : c’est celle que l’on connaît aujourd’hui – voir la rue de la Treille].

La rue du Cimetière fut changée de nom par le maire Ernest Cristal et son conseil, en reconnaissance à deux passionnés de musique demeurant dans cette rue : Antonin Roche-Aubert, dirigeant de l’Harmonie des Enfants d’Aubière, et Suzanne Maradeix, professeur de musique et titulaire du diplôme de la SACEM, depuis 1937. Elle prit ainsi le nom de rue Emmanuel-Chabrier.

Autour du Piano. Tableau de Henri Fantin-Latour
(Assis : Emmanuel Chabrier au piano, Edmond Maître et, en retrait, Amédée Pigeon. Debout : Adolphe Julien, Arthur Boisseau, Camille Benoît, Antoine Lascoux et Vincent d'Indy. représente les "Wagnéristes", ainsi que l'on nommait alors les admirateurs de Wagner.)


Emmanuel Chabrier (Ambert, 18 janvier 1841 / Paris, 13 septembre 1894) :
Bien qu’ayant pratiqué le piano en amateur depuis son plus jeune âge et manifesté des dons remarquables pour la composition, il entreprend des études de droit à la demande de son père, qui le destinait à une carrière dans l’administration. Il entre donc, en 1862, au ministère de l’Intérieur, d’où il ne démissionnera que beaucoup plus tard, en 1880, pour se consacrer alors définitivement à la musique. Entre-temps cependant, il avait appris la composition et s’était lié avec Manet, Verlaine, Duparc…
Sa première œuvre importante, l’opéra bouffe « l’Etoile » (1877), est un petit chef-d’œuvre plein de bonne humeur et d’esprit, avec déjà des qualités que l’on retrouvera tout au long de son œuvre : humour, sensibilité, ironie parfois teintée de mélancolie… et qui font de lui le musicien français par excellence (bien qu’il ait lui-même cultivé toute sa vie une ardente passion pour Wagner). Un voyage en Espagne lui inspire le boléro España, en 1883.
Verlaine le disait « gai comme les pinsons et mélodieux comme les rossignols ».


© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière


Impasse du Barry

Histoire des rues d'Aubière

Étymologiquement, on devrait écrire impasse du Barri (de barricade).
La quartier du Barry se trouvait hors les murs et les constructions (maisons et granges) qu’autorisait le seigneur, servaient de « barricade » pour gêner l’ennemi à l’approche de l’enceinte du bourg. Une impasse s'ouvre dans l'impasse du Barry, non dénommée aujourd'hui ; en 1867, elle s'appelait impasse Saint-Martin.

Le quartier du Barry en 1867
(Plan d'alignement de 1867 - Archives communales d'Aubière)

Elle est parallèle à l’impasse du Petit Barry. Cette seconde impasse s'appelait à l'origine rue Rabelais, même si elle ne débouchait pas.



© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière


Rue Saint-Antoine

Histoire des rues d'Aubière

Croix Saint-Antoine


La rue Saint-Antoine longe les fossés (aujourd’hui construits) jusqu’à la rue Nationale qui la poursuit, le long des anciens remparts. Elle doit son nom à la croix Saint-Antoine qui fut offerte au bourg d’Aubière par Antoine Janon et son épouse Antonia Arnaud, en 1738, en l’honneur de leur saint patron. Cette croix est située à l’angle de la rue du 4-Septembre et de la rue Saint-Antoine.

Cadastre de 1831 : Rue Saint-Antoine

Antérieurement, on l’appelait la « grande rue des Planches » et se poursuivait alors par une partie de la rue de la République, jusqu’à l’Artière (voir la rue de la République).

© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière


Vers Toponymes, lieux-dits et terroirs


Crédit photos : Pierre Bourcheix

Introduction au vignoble

Introduction au vignoble du Puy-de-Dôme
ou l'Histoire du vignoble auvergnat raconté par un cep...


Notre ère avait trois siècles lorsque mes ancêtres, les ceps de vigne, arrivèrent en Terre d'Auvergne. Bien après les légions romaines, ils pénétrèrent en conquérants dans ce pays de cocagne, riche d'une forte population, d'une plaine aux sols féconds, la Limagne, de multiples coteaux, exposés à l'est, propices à la multiplication de leurs racines.
Bien qu'escaladeurs alertes et expérimentés, ils choisirent de se rapprocher de leur terre promise par des chemins plus faciles, afin de préserver leurs forces pour l'ascension finale. C'est ainsi qu'empruntant les vallées de la Loire, de la Dore et de l'Allier, ils s'infiltrèrent rapidement dans l'Arvernie, abandonnant au passage aux Monts du Forez et du Livradois quelques légions de leurs congénères. Ces dernières devaient assurer l'arrière-garde dans l'éventualité d'une retraite précipitée.
Déjà ils apercevaient, à l'ouest, cette impressionnante barrière volcanique constituée de la chaîne des Dômes et des Monts Dore. Devant eux s'étendait la Limagne, longue plaine étirée du nord au sud, couverte de cultures diverses, preuves de sa grande richesse.

La conquête
Les ceps s'implantèrent alors rapidement. Sautant l'Allier, traversant la Limagne, ils s'accrochèrent fièrement à ces pentes accueillantes aux sols marno-calcaires, parfois enrichis de débris basaltiques. Du nord de la ville de Riom jusqu'au sud d'Issoire, les flancs des coteaux furent soudain envahis de légions de ceps progressant en rangs serrés vers les sommets où le climat rude stoppa leur avance.
L'Arvernie était conquise. Allait commencer une longue histoire d'amour entre ce peuple de ceps et une région pleine de contrastes. C'est cette histoire que je vais vous conter, moi, petit cep, planté il y a quelques dizaines d'années sur les coteaux du Puy d'Aubière, surplombant Clermont-Ferrand, ville-capitale de cette belle province.

Le peuple des Ceps
Le premier contact de mes ancêtres avec la Terre d'Auvergne fut très encourageant. Non seulement les Auvergnats acceptèrent cette intrusion, mais ces envahisseurs de ceps furent très vite adoptés, cajolés, choyés à qui mieux-mieux. Il était réconfortant de voir ces hommes courtauds, à l'air farouche, aux mains calleuses, larges comme des battoirs, passer leurs journées courbés en deux entre les rangs de ceps. Pour passer le plus dur de l'hiver, ils avaient pris soin de creuser une rase au milieu des rangs et de recouvrir les pieds des ceps avec un peu de terre afin qu'ils résistent au froid. Plus tard, de leurs gros doigts, ils saisissaient tendrement les sarments pour les courber, en prenant bien soin de ne pas les casser, puis les attachaient délicatement sur des piquets de bois qu'ils nommaient échalas. Le moment le plus agréable n'était-il pas celui des vendanges où toute la famille, femmes, enfants, amis, voisins venaient s'égayer parmi les ceps pour cueillir en chantant leurs grappes noires et pulpeuses. Le don de leurs fruits était pour les ceps le moyen de remercier ces hommes des fatigues endurées depuis de longs mois. L'entente entre le peuple des ceps et celui des Auvergnats semblait établie à jamais…

Au IXe siècle, les Barbares
Mais d'autres envahisseurs, attirés par la richesse de ce pays, allaient bouleverser cette union. Jusqu'au IXème siècle, des hordes de Barbares ravagèrent l'Auvergne à de nombreuses reprises. Chaque fois, mes ancêtres furent saccagés, massacrés, déracinés. Les Auvergnats fuyaient devant tant de fureur, abandonnant les ceps survivants au chiendent et aux ronces. Après chaque invasion, ils revenaient pour défricher et replanter. Mais leur courage faiblissait et le peuple des ceps se fit moins dense sur les coteaux d'Auvergne.

A l'abri de petits clos…
Cependant, les premiers siècles du deuxième millénaire furent plus cléments, et avec la paix revenue, les ceps purent s'étendre à nouveau. Le vignoble d'Auvergne atteignait une superficie sensiblement identique à celle qui existait au terme du premier tiers du XXème siècle, soit 11.000 hectares environ. Les coteaux au nord de Clermont, de Gergovie, du Crest et du Broc (au sud d'Issoire) étaient entièrement recouverts de ceps. L'étendue des parcelles variait entre 30 et 80 ares et elles étaient souvent entourées de petits murets. Ces petits clos se trouvaient parfois à l'abri d'une église ou d'une maison.

Déjà, la polyculture
Au moyen âge, le vignoble était la propriété des monastères, des églises, de la noblesse mais aussi d'hommes libres ni nobles ni clercs. Ceux-ci travaillaient eux-mêmes la vigne, ainsi que cela se passait aussi dans certains monastères. Mais la plus grande partie du vignoble était travaillée par des colons ou des fermiers, car les serfs étaient rares. La polyculture expliquait déjà le morcellement et la petitesse des parcelles.

Les "auvernats"
L'encépagement est uniforme. En effet, au fil des siècles, la race des ceps a évolué en s'adaptant aux contingences climatiques et géologiques de l'Auvergne. Mes ancêtres s'appelèrent donc les auvernats. Bien qu'originaire de régions viticoles situées plus à l'est, Bourgogne ou vallée du Rhône, ce cépage pinot noir a adopté la nationalité arverne. Il donnait un vin de bonne qualité, ce qui permit au vin auvergnat d'obtenir une grande renommée.

Bans des vendanges et qualité
Cette recherche de la qualité est confirmée à la fin du Moyen Age par la codification des bans des vendanges, en usage depuis déjà longtemps, permettant d'obtenir une récolte plus mûre, et, par là même, de meilleures redevances pour ceux qui percevaient des droits sur les récoltes. Le commerce du vin est déjà aux mains des courtiers qui approvisionnent les régions de montagne, dépourvues de vignobles. Le soin du vin est dévolu aux cellériers, dont sont pourvus les couvents, les châteaux et les municipalités. Ces maîtres de chais soignent le vin, l'achètent, le vendent, mais aussi le distribuent.

Les pillards du Moyen âge
Malgré les méfaits des pillards, rasant les vignes et crevant les tonneaux pleins de vin, la fin du Moyen Age est marquée par des années de grande production. La municipalité de Clermont se voit contrainte en 1415 de faire appel au roi Charles VII pour interdire aux villages de Beaumont, Romagnat et Aubière d'apporter leurs vins en ville.

L'ampleur de la Renaissance
Avec la Renaissance, la culture de la vigne prend de l'ampleur, et le peuple des ceps reprend sa conquête des pentes auvergnates. Mais les catastrophes climatiques stoppent leur avance dans la deuxième moitié du XVIème siècle. A Gerzat, la grêle sévit en 1590 et 1591 ; à peine remise la vigne est victime de la gelée en 1594 ! Les pauvres ceps sont si meurtris qu'il faut les amputer jusqu'à la souche ! Ils ne retrouveront toute leur vigueur que deux ou trois ans plus tard…

Les mauvaises…
Les vignerons auvergnats, leurs vaillants protecteurs, souffrent autant qu'eux. Saignés par la noblesse et le clergé, ils se plaignent aussi des mauvaises années dans des poèmes ou des cantiques :
"Nos vins de cette année nous font les pâles couleurs, ils sont verts comme poireau, et nous donnent la colique…, s'il vous plaît, l'autre récolte, donnez-nous en plus et meilleur".

…et les bonnes années
Les bonnes années, le vigneron sait se réjouir et les cantiques n'ont plus la même voix :
"Il nous a donné du bon vin, nous nous en mettrons dans la tête du meilleur à mon avis, celui de cette année. Il ne convient pas de boire de la piquette, le vin de ménage sera la boisson des frères du Couvent…".

Le Chanturgue à la Cour de Versailles
Au cours du XVIIème siècle, les vignerons auvergnats sont au sommet de leur art. La culture de la vigne n'a plus de secret pour eux. Désormais, le jus du fruit de ces ceps tant aimés sera l'objet de toute leur attention. La qualité du vin s'améliore au point de porter sa renommée dans tout le royaume et jusqu'à la cour de Versailles.
La bourgeoisie des villes, devenant propriétaire de petits clos autour des agglomérations, va donner leurs lettres de noblesse aux crus qui ont fait la grandeur des vins d'Auvergne : Chanturgue, Montjuzet, Neyrat, Bourrasol, Châteaugay, Pompignac, Corent, etc. A chaque maison s'attachent un cuvage et une cave, avec leur vaisselle vinaire : tonneaux, cuves, pressoirs… Les confréries bachiques fleurissent, telle la Compagnie du Tourret.

Le vin d'Auvergne tué par sa trop grande popularité et le règne du "Gamay"
La popularité du vin a pourtant une fâcheuse conséquence pour le vignoble auvergnat à partir du XVIIIe siècle. En effet, les pratiques viticoles vont évoluer. La consommation du vin se généralise : les prix augmentent. L'aménagement de l'Allier favorise le commerce du vin. Le peuple des ceps s'installe du même coup dans le val d'Allier. Mais les cépages anciens ne sont plus assez productifs. Peu à peu mes ancêtres sont délaissés au profit d'une autre race de ceps : le Gamay.
Avec le surpeuplement, la vigne devient la culture la plus rentable. Le vigneron doit produire pour vivre. Qui aurait cru que "l'arbuste à vin" deviendrait "l'arbre à pain" ? Mais le peuple des ceps accepta de jouer ce rôle pour ces vignerons miséreux : juste retour des choses pour tant de siècles d'amour…

Vignerons auvergnats au début du XIXème siècle

L'appel de Paris
Dès lors, le gamay à gros rendement chasse les cépages plus prestigieux de tout le vignoble auvergnat. Les gargotes et les caboulots parisiens réclament ce vin coloré, souvent de mauvaise qualité quand ils arrivent dans la Capitale. Alors de Pont-du-Château, les sapinières l'emportent vers Orléans, Paris, Tours, Nantes. Mais ce marché allait s'essouffler rapidement. Les aléas d'un long voyage, les taxes et douanes, nombreuses dès qu'on passait les frontières de l'Auvergne, découragèrent importateurs et exportateurs. Le vin resta en Auvergne. La surproduction alliée aux années d'abondance donna bien des soucis aux vignerons. C'est ainsi, qu'en 1753, 1754 et 1755, "on employa du vin en place d'eau pour faire du mortier tant cette denrée était commune et à vil prix".

Pour stocker, on creuse des caves
A partir de la Révolution de 1789, avec l'accès à la propriété du petit peuple, les parcelles se morcellent. Au XIXème siècle, les ceps repartent en campagne pour conquérir d'autres territoires. Le vignoble ne cesse de s'agrandir. Pour stocker le vin, on creuse des caves à flanc de coteaux. La vigne descend dans la plaine. En bordure de l'Allier, chaque village se transforme en petit port où l'on embarque le vin pour la Capitale. D'Issoire à Puy-Guillaume, ce n'est qu'un long défilé de sapinières chargées de barriques. Les cours du vin sont bas, mais il se vend bien : rien de tel pour encourager le vigneron à planter partout !

Aubière, victime de "l'or rouge"
La superficie du vignoble passe de 21.500 hectares en 1788 à 34.000 en 1850. Il dépassera les 45.000 hectares en 1892 ! "Dans certaines communes, toutes les hauteurs étant couvertes de ceps jusqu'au point au-delà duquel il ne serait plus possible de les voir réussir, la vigne menace de chasser les céréales de la plaine pour se substituer à elles. La commune d'Aubière est une de celles où ce fait se manifeste de la manière la plus éclatante (...). Aussi la terre atteint-elle des prix fabuleux dans cette commune" (Baudet-Lafarge, Revue Viticole, 1863). En effet, en 1865, les vignes se vendent jusqu'à 25.000 francs l'hectare !


1000 hectares de vignes pour les vignerons aubiérois !
A la fin du XIXème siècle, le peuple des ceps couvre plus de 500 hectares sur les 765 que compte la commune d'Aubière. Sur ses 3.000 habitants, on recense autant de vignerons ! Ceux-ci, non contents de cela, vont travailler la vigne sur les communes limitrophes. Qui va au Crest, à Orcet ou à La Roche Blanche, qui à Pérignat-lès-Sarliève, Romagnat ou Beaumont, qui encore à Ceyrat, Lempdes, Cournon ou même Clermont et ses côtes de Chanturgue, de Puy-Long ou de Crouël. Les Aubiérois et leurs journaliers travaillent ainsi jusqu'à 1.000 hectares de vignes ! On s'enrichit, on s'embourgeoise, on construit de vastes maisons assises sur un cuvage. Les balcons de fer forgé encerclent ces bâtisses quelque soit l'exposition. Le vigneron roule calèche, endimanché de la tête aux pieds, montrant aux passants éberlués les toilettes du dernier chic de Madame et de sa fille... Le dimanche, on invite les Clermontois sur les caves, où l'on boit à la "saoulée". Aubière, la "Cité du bon vin", est alors qualifiée de Capitale du vignoble auvergnat...
Cette euphorie soudaine, qui enflamme tout le vignoble d'Auvergne, ne laisse pas d'inquiéter le peuple des ceps. Un de leurs messagers, venu du Sud de la France, ne les a-t-il pas averti, lors de son passage en 1868 à Mezel, qu'une terrible épidémie mortelle les menace tous ? Il paraît que c'est un insecte importé de la lointaine Amérique qui transmet cette terrible maladie : le phylloxéra.


On se presse sur les caves à Aubière, au début du XXème siècle

Le département du Puy-de-Dôme : troisième producteur français !
Le peuple des ceps tremble, tandis que les vignerons auvergnats, attirés par l'appât d'un gain rapide, plantent et produisent toujours plus. Alors que les autres régions viticoles de France sont déjà atteintes par le phylloxéra, la production auvergnate passe de 472.000 hectolitres en 1860 à 1.041.000 hectolitres en 1868, puis à 1.630.000 hectolitres en 1885 ! Le département du Puy-de-Dôme devient à cette époque le 3ème département producteur français. Dans la banlieue de Clermont-Ferrand, à Beaumont et à Aubière, le rendement moyen à l'hectare atteint exceptionnellement les 75 hectolitres.

Le phylloxéra
Les ceps commencent à ressentir les premiers effets de la maladie en 1892-93. En quelques années, tout le vignoble auvergnat est atteint, de Madargues au nord, à Boudes au sud. Les ceps meurent un à un au grand dam des vignerons. Un Aubiérois écrira quelques années plus tard : "... à cette époque, on a pu croire que la précieuse plante allait nous être ravie... Nous avons pu et su profiter des expériences faites dans le Midi, sur le greffage. Nous pouvons nous féliciter de l'énergie et de la volonté que nous y avons employées, ...la crise nous a été bien moins dure aussi, en raison de ce que certains de nos cépages anciens ont résisté assez longtemps pour que nous ayions toujours récolté un peu de vin pendant que nos premières plantations greffées arrivaient à production" (Guillaume GIOUX, Traité de la Viticulture dans le département du Puy-de-Dôme, 1920).
La crise phylloxérique aura néanmoins des conséquences graves. Beaucoup de vignerons, fortement endettés, iront à la ruine. D'autres, s'acharneront à reconstituer leurs vignes, et pour cela n'hésiteront pas à s'engager dans la plantation de cépages hybrides, produisant un vin de très mauvaise qualité. Ceux-là ne se doutent pas qu'ils enterrent pour longtemps la bonne réputation des vins d'Auvergne. Plus rares furent ceux qui rechercheront le maintien de la qualité, en greffant les cépages anciens bien adaptés aux terroirs locaux. Néanmoins, la période faste est définitivement terminée pour les vignerons auvergnats. En moins de dix ans, la superficie du vignoble diminue de près de 50%, pour atteindre en 1901, 26.500 hectares pour une production de 745.000 hectolitres.

La fin d'un rêve
En ce début de XXème siècle, le peuple des ceps se replie sur lui-même. Il n'a plus d'unité, et l'ennemi, qui l'attaque sournoisement, prend de multiples formes. La surproduction des vignobles méridionaux met l'économie viticole auvergnate au plus bas : les vins ne se vendent plus. Le vigneron perd sa main-d’œuvre, attirée par la ville et ses industries. En 1910, le mildiou vendange la récolte avant l'heure. Le constat est terrible : 7.500 hectolitres, soit 3,10 hl/hectare ! C'est la première Guerre mondiale qui assènera le coup fatal au grand vignoble auvergnat : 15.300 hectares en 1920, 10.500 en 1930.
Le peuple des ceps est triste. Le vigneron vieillit et se fait rare. N'entendait-on pas sur les coteaux sonner le glas du cep ?... Un Aubiérois, vigneron de son état, eut la même sensation. Et voici ce qu'il observa :

La nuit continuait, le jour dormait encore
Lorsqu'un bruit de sabots résonna au dehors.
Réglé comme une horlog' depuis bien des années
Le vigneron partait pour toute la journée.
Silhouette oscillant' comme cell' d'un pèlerin.
Il était tout bossu, tout tordu, tout noueux,
Et, cep parmi les ceps, il ressemblait à eux.
Sous son chapeau de feutr', son œil gris tout rusé
Découvrait l'horizon humide de rosée.
Tout'une vie de travail avait fait son bonheur
Et ce jour-là encore il partait au labeur.
Il vivait simplement sans bien se fair' de peine
Car de tous ses besoins la nature était pleine :
La tiédeur du brasier, la fraîcheur du noyer
A chaqu'tour de saison voulaient bien l'honorer ;
Et la fleur du Printemps, et le fruit de l'Automne
Tous les dieux de la terr' veulent qu'on les lui donne ;
Le champignon crâneur, le béret sur l'oreille,
Agrémentait vraiment le goût de son oseille :
Et le lapin agile et l'escargot baveur,
Sans l'avoir souhaité, lui laissaient leur saveur.
Cependant, à la fin du jour, mauvais présage :
Il n'avait pas poussé la porte du cuvage.
Ses parents, ses amis cherchèr' toute la nuit.
Et c'est le lendemain que le premier le vit.
Dans la lueur du jour vagissant de splendeur,
La mort l'avait vaincu, figé dans sa raideur.
Autour tout était calme, on écoutait son âme.
Et sur les flancs du puy d'Anzelle
On entendit comme un bruit d'ailes.


(Joseph Bourcheix, La mort du vigneron)

"La Clermontoise" : première cave coopérative d'Auvergne
Cependant, les grands crus, tels Madargues, Châteaugay, Chanturgue, Corent, Boudes et quelques autres, moins prestigieux, maintiennent leur bonne réputation, grâce au travail consciencieux des petits propriétaires-vignerons. Dans les villages viticoles de la banlieue sud de Clermont-Ferrand, on s'inquiète. Les conséquences de la crise économique de 1929 menacent les classes rurales. Avec la disparition de la main-d’œuvre, la mécanisation s'impose. La mévente du vin condamne à brève échéance le petit exploitant. A la tête de l'union des viticulteurs, le maire d'Aubière, Jean Noëllet, et des personnalités du monde agricole du département, vont dissiper les doutes des vignerons et donner un nouvel élan au vignoble d'Auvergne. La première cave coopérative départementale est créée à Aubière, pour les vendanges de 1935.
Son apport positif se résume ainsi : suppression de la main-d’œuvre déficitaire et coûteuse de la vendange, du travail de la vinification, de l'achat et de l'entretien du matériel vinaire ; plus-value de la qualité par une vinification scientifiquement contrôlée, plus-value du rendement ; vinification du produit et garantie certaine de l'appellation d'origine.
Les vignerons de tout le département adhèrent à cette initiative : les quatre cantons de Clermont-Ferrand, ceux de Saint-Amant-Tallende, Veyre, Pont-du-Château, Vertaizon, Issoire, Vic-le-Comte et Billom.
Mais à elle seule, la Cave coopérative "La Clermontoise" ne peut soutenir le vignoble tout entier. La superficie du vignoble ne cesse de diminuer : 11.000 hectares en 1939, 7.000 en 1945, 5.700 en 1970, 2.500 hectares pour une production de 72.700 hectolitres en 1992.

La cave coopérative d'Aubière "La Clermontoise"

Un urbanisme forcené repousse le vignoble
Après la seconde Guerre mondiale et le boum de la natalité, la population se concentre dans la grande ville Clermont-Ferrand et sa banlieue. Le peuple des ceps est chassé, repoussé par l'avance du béton. Les vignobles de Montjuzet, Chanturgue, Neyrat à Clermont, ceux de Beaumont, Gerzat, Lempdes, Aubière, Romagnat, Cournon et même Pérignat-lès-Sarliève sont peu à peu mangés par les constructions. Le fils de vigneron ne succède plus au père. A Aubière, au début des années 60, on ne compte plus qu'une dizaine de vignerons. Mais les mentalités ont changé. Des ères de production sont créées. Le vigneron se cultive et se professionnalise. Le retour à la qualité devient son leitmotiv.

L'espoir renaît
Aussi, le vigneron abandonne la cave coopérative ; il élève lui-même son vin et le commercialise. Au début des années 1960, il se lance dans la mise en bouteilles. Une nouvelle ère commence. Le vigneron se modernise ; la mécanisation entre dans les cuvages (pressoirs automatiques horizontaux) et dans les vignes (tracteurs-enjambeurs).

Qualité et authenticité des crus
Dans le cadre de la Fédération viticole du Puy-de-Dôme, les vignerons d'Auvergne se regroupent pour défendre leurs productions. Afin de répondre aux goûts des consommateurs plus exigeants, et dans un souci très rigoureux de qualité, le vignoble auvergnat donne de plus en plus de place aux cépages "pinot" et "chardonnay". En 1987, sous l'impulsion d'une dizaine de viticulteurs indépendants, la Fédération des Caves Particulières des Côtes d'Auvergne est créée. Les 4/5è des viticulteurs-embouteilleurs du département y adhèrent pour défendre leurs terroirs et l'authenticité de leurs vins.

Et moi, petit cep parmi les ceps d'aujourd'hui, je me demande si je ne suis pas un privilégié. 2.000 ans déjà ! Bientôt deux mille ans que mes ancêtres et moi-même agrippons nos racines dans la terre accueillante d'Auvergne... Accroché au sommet du Puy d'Aubière, je me plais à contempler la chaîne des Dômes couronnant la ligne de l'horizon, comme une barrière infranchissable. A mes pieds, ou devrais-je dire : à mon pied, Aubière, au noble passé viticole, se veut, une fois de plus, fidèle à sa tradition millénaire. Le site unique de ses caves a choisi de se refaire une beauté. Sur le versant opposé, sans aucun doute une des plus anciennes caves d'Aubière, la "Cave à Madame", comme on l'appelle depuis plusieurs siècles, est devenue le Musée de la Vigne et du Vin de Basse Auvergne. Cette cave, construite sur trois niveaux, est l'ancienne cave du château d'Aubière, avec lequel, dit-on, elle était reliée jadis par un souterrain. C'est là, que la châtelaine faisait rentrer le vin de ses vignes travaillées par les Aubiérois. Aujourd'hui, ce Musée, créé à l'initiative de la Municipalité d'Aubière et du Conseil Général du Puy-de-Dôme, est avant tout un hommage aux vignerons d'Auvergne qui ont porté, et qui portent encore aujourd'hui, le travail de la vigne et du vin à un haut degré de qualité.

Extrait de "AUBIERE ET LE VIN", Cahier n°2 du Cercle Généalogique et Historique d'Aubière.

© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière - "AUBIERE ET LE VIN" Cahier n°2 - 1997 (Pierre Bourcheix)

jeudi 29 décembre 2011

Rue du 4-Septembre

 Histoire des rues d'Aubière

Observations d’ordre général :
Même si certaines artères du bourg fortifié d'Aubière étaient déjà désignées par l'appellation "rue de..." dès le 16ème siècle dans les actes notariés, ce n’est qu’après la Révolution que des « noms de rues » apparurent à Aubière. Il nous est impossible aujourd’hui d’indiquer une date plus précise.
Auparavant, seuls étaient nommés les « quartiers », prenant le nom des terroirs anciens au moment de leur première urbanisation. On connaît ainsi les quartiers de la Quaire, de la Razette, du Château, de la Place Fauchère, du Saint-Esprit, du Verger, du Roudeix… Tous situés dans l’enceinte du bourg fortifié.
Certaines rues les traversant ont pris le nom de ces quartiers, comme la rue de la Quaire (nom ancien de la rue du 4-Septembre, nommée entre temps rue de Morny), ou la rue de la Razette (ancien nom de la rue Cote-Blatin)…


Rue du 4-Septembre vers 1910
(c'était déjà la rue de la Quaire en 1598)

C’est la rue principale de l’ancien quartier de la Quaire. Elle est restée longtemps (jusque dans les années 1970) la rue principale d’Aubière : la plus commerçante et la plus passante, puisqu’elle conduisait du centre bourg à l’ancienne route qui menait à Clermont.

Cadastre de 1831 : rue de la Quaire

Elle prit d’abord le nom de « rue de la Quaire ». Quaire ou Caire signifie carrière de pierres que l’on traversait en allant à Clermont. Il y eut une carrière communale au terroir de Roche-Genès, sous les contreforts du plateau des Cézeaux, à droite de l’actuelle rue Pasteur (voir rue Roche-Genès).
Elle prit ensuite quelques années, avant l’avènement de la Troisième République, le nom de « rue de Morny », du nom du Duc, demi-frère de Napoléon III. Il avait l’habitude de loger chez son ami, notaire et maire d’Aubière, Mr Daumas-Foulhouze, qui était domicilié dans cette rue.
En 1871, le maire d’Aubière, républicain et anti-bonapartiste convaincu, Michel Roche-Chaduc, la baptisa « rue du 4-Septembre », en l’honneur du 4 septembre 1870.

© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière (Pierre Bourcheix)

Vous pouvez poursuivre la visite d'Aubière,
à travers l'histoire de ses rues, en suivant ce lien :

rue suivante



Voir aussi : Toponymie aubiéroise

Les Bohier

Les Bohier

Ancêtres d’Ysabeau de Jarrie d’Aubière


Austremoine BOHIER ou Boyer, seigneur de Saint-Cirgues
Austremoine BOHIER naît à Issoire (Puy-de-Dôme) dans la première moitié du XVème siècle. Secrétaire du roi Charles VII, il s'installe à Tours où il épouse Anne du PRAT (ou Duprat), qui lui donne : Thomas, qui suit ; Antoine, cardinal et archevêque de Bourges (+ 1519) ; Henri, bailli de Mâcon, sénéchal de Lyon.
A la mort de Charles VII, Austremoine Bohier reste le secrétaire de Louis XI, puis de Charles VII qui l'anoblit en 1490. Ne reniant pas ses origines auvergnates, il avait acheté en 1460, le château et la terre de Saint-Cirgues, près d'Issoire.

Thomas Bohier

Thomas BOHIER, seigneur de Chenonceau
Né en 1465, il est qualifié en 1494 "noble homme maître Thomas Bohier, seigneur de Saint-Cirgues, conseiller, maître des comptes et secrétaire des finances du roi". En 1495, il rebâtit partiellement le château féodal de Saint-Cirgues. Puis, en 1496, achète le château de Chenonceau en Touraine. Il est alors successivement au service des rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII, puis François 1er. Il deviendra maire de Tours entre 1497 et 1498. En 1503, il est général des finances en Normandie, puis chambellan et secrétaire des finances du roi. Il s'était marié à Catherine Briçonnet, fille d'un surintendant des finances, le cardinal Guillaume Briçonnet, archevêque de Reims, et de Raoulette de Beaune. Il acquiert de nombreux fiefs avant de se lancer dans la reconstruction du château de Chenonceau dont il ne conserve que le donjon féodal. François 1er en fait son trésorier général des guerres en Italie, où il meurt le 24 mars 1524. Il laisse :

Antoine, qui suit ; François Bohier, abbé de Bernay, évêque de Saint Malo (1533-1566) ; Gilles Bohier, doyen de Tarascon, évêque d'Agde (1546-1561) ; Guillaume Bohier, bailli royal de Cotentin, seigneur de Panchien ; et des filles, mariées aux seigneurs de Clairvaux ou Cléravaux, de la Bastide et de la Fayette, dont Anne Bohier épouse de Nicolas de Cerisay, et Marie Bohier, mariée en 1512 au seigneur d'Aubière, Annet de Montmorin dont la fille, Claude, épousera Gilbert de Jarrie. Leur fils Jean de Jarrie d’Aubière épousera Jeanne de la Chenal, d’où Gilbert de Jarrie d’Aubière, père d’Ysabeau de Jarrie d’Aubière, née en 1600.

Antoine BOHIER, baron de Saint-Cirgues, seigneur de Chenonceau, Chidrac, Périers, Pardines, Sauriers, Champeix, le Mas, la Tour Boyer, gouverneur de Touraine, prend ces qualités en 1541 et en 1544 celles de Chevalier, conseiller du roi en son conseil privé. Son fils Jean, décédé, il fait don de la baronnie de Saint-Cirgues au célèbre connétable de France, Anne de Montmorency. Il meurt en août 1565.


© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière 2001

Les maires de Tours

Les maires de Tours

Ancêtres d’Ysabeau de Jarrie d’Aubière

En 1462, Louis XI, qui résidait souvent dans son château de Plessis-Lès-Tours, va doter la ville de Tours d'un mairat et d'un échevinage. L'élection du corps de ville se déroule ainsi :
72 pairs, élus à vie, parmi les notables de la ville, par une Assemblée générale des habitants ; 2 élus choisis parmi la petite bourgeoisie - petits marchands, artisans et fabricants - chargés de la gestion des deniers communs ; 24 échevins, choisis à vie parmi les magistrats, la grande bourgeoisie ; 1 maire, choisi par le conseil de baillage, parmi les échevins, élu pour une année.

Peut-être vous demandez-vous en quoi ce point d'histoire intéresse nos racines aubiéroises ? C'est que nos racines passent par trois maires de Tours, au XVè siècle, qui se trouvent être les ancêtres d'Ysabeau d'Aubière. Nous avons déjà parlé précédemment de ces grandes familles bourgeoises, qui, au XVème siècle, avaient la mainmise sur les finances du royaume ainsi que sur l'Église de France, et augmentaient leur influence en s'appuyant, tantôt sur le Roi, tantôt sur le Pape.

Les familles Briçonnet, de Beaune et Bohier
Les Bohier sont auvergnats. Thomas Bohier dont l'une des filles a épousé Annet de Montmorin, seigneur d'Aubière, était le gendre de Guillaume Briçonnet et de Raoulette de Beaune, familles de la grande bourgeoisie de Tours. Les maires de cette ville étant élus pour un an parmi 17 échevins appartenant aux grandes familles tourangelles, il n'est pas étonnant que les mêmes noms reviennent souvent.

Le premier maire de Tours fut Jean Briçonnet l'aîné, dit le "père des pauvres". Né vers 1420, fils de Jean Briçonnet et Jeanne Belleteau (ou de Pierre Briçonnet, élu des Aides), il épousa vers 1441, Jeanne Berthelot. Il apparaît très jeune dans les délibérations de l'assemblée municipale. Il quitte la Touraine, chargé de la liquidation des biens de Jacques Cœur. Le 8 octobre 1462, il est élu maire de la ville de Tours, jusqu'au 31 octobre 1463. En 1466, il devient Receveur général des Finances du Languedoc. En 1473, il est anobli et nommé Général des Finances. Il assista Louis XI dans ses derniers instants, puis revint à Tours où il mourut, le 30 octobre 1493.

Maison de la famille Briçonnet à Tours

Un de ses frères, un de ses fils et un de ses neveux furent également maires de Tours.
En 1471-1472, le maire de Tours est Jean de Beaune. Fils de Jean Fournier, dit "de Beaune", ou, suivant d'autres, de l'hôtelier Simonet, il avait épousé Jeanne Amyl (ou Binet). Les Binet ont, eux aussi, fourni plusieurs maires à la ville de Tours. Marchand drapier suivant la Cour à l'origine, son ascension sociale commence en 1458. Il apparaît dans les faveurs royales lorsqu'il fonde, avec ses gendres Jean Brionnet et Jean Quetier, une grosse compagnie marchande dite "Boutique de l'argenterie", spécialisée dans l'importation de l'épicerie, de la droguerie et des tissus de luxe. Louis XI en fit son conseiller et l'argentier du Dauphin, le futur Charles VIII. Accusé de conspiration, il fut condamné à mort, mais gracié sur les instances de son gendre Guillaume Briçonnet, et exilé à Montpellier. Le roi l'autorise, quelque temps après à revenir à Tours, où il meurt en 1480.

Deux de ses fils et un de ses petits-fils devinrent maires de Tours.
De 1497 à 1498, Thomas Bohier devint maire de Tours. Baron de Saint-Cirgues, seigneur de Chenonceau, il acquit de nombreuses terres. Il était d'origine auvergnate, fils d'Austremoine Bohier, bourgeois d'Issoire, et de Béraude Duprat. Il épousa d'abord Madeleine Bayard, puis Catherine Briçonnet, fille de Guillaume Briçonnet et de Raoulette de Beaune. Catherine est donc la petite-fille de deux maires de Tours : Jean Briçonnet et Jean de Beaune. Thomas Bohier fut tour à tour : valet de chambre de Louis XI en 1482, notaire et secrétaire du roi, commis aux comptes des Menus plaisirs du roi en 1491, maître extraordinaire des Comptes en 1493, il est nommé maire de Tours en 1497, puis Receveur général de Bretagne, Général des Finances de Normandie, Membre du Conseil des Finances. Il accompagne François 1er à Marignan, et meurt en Italie, au camp de Vigelli, le 24 mars 1524. Sa devise était : "S'il vient à point, me souviendra".

Son frère, deux de ses fils et son neveu furent eux aussi maires de Tours.

Nous avons vu que Jean Briçonnet l'aîné a épousé Jeanne Berthelot. Elle était la fille de Jean Berthelot, changeur, et de Perenelle Thoreau, et la petite-fille de Jean Berthelot de Cormery, décédé avant 1456. Un de ses neveux, Gilles Berthelot, maître à la Chambre aux deniers du roi, devint maire de Tours en 1519-1520. Il fit bâtir le château d'Azay-le-Rideau, mais, disgracié en 1524, il s'enfuit en Lorraine et mourut loin des siens en 1529, démuni de tout.

Tous ces renseignements sont tirés du livre "Les Maires de Tours du XVè au XIXè siècle", édité par le Centre Généalogique de Touraine.
© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière 2001



Vestiges de tous âges

Sarcophages et autres vestiges

1927 - Des travaux de terrassement actuellement en cours d'exécution à Aubière pour l'établissement du "tout à l'égout", viennent de mettre à jour d'intéressants vestiges.
A environ 2 mètres 50 du portail nord de l'église, les terrassiers retirèrent, à partir de 50 centimètres de profondeur, une quantité importante de fragments de tuiles à rebords (tegulæ) et de marbre blanc paraissant avoir appartenu à des fûts de colonne, le tout mélangé à des ossements humains. On était là sur l'emplacement d'un ancien cimetière.
Continuant leurs travaux, les ouvriers ne tardèrent pas à exhumer à un mètre 10 de profondeur un certain nombre de pierres en arkose et en granit de moyen appareil, appartenant à des vestiges de substruction. Le sol remanié jusqu'à 2 mètres 50 de profondeur permet de supposer que l'on se trouvait sur l'emplacement d'un édifice antique entièrement détruit.
A 1 mètre 30 de profondeur furent rencontrées six sépultures intactes, ayant la forme d'un bac rectangulaire renversé, formées de dalles en basalte placées sur champ et de bout à bout et recouvertes d'autres dalles de la même nature ; toutefois, l'une d'elles était formée d'un fragment de marbre blanc de 4 centimètres d'épaisseur.
Ces tombes étaient exposées à la manière des anciens, La tête à l'aspect d'orient ; dans trois sépultures, elle reposait sur une tuile à rebords. Les eaux d'infiltration les avalent envahi de terre boueuse, et les ossements étaient de ce fait en très mauvais état de conservation.
Comme dans la plupart des cas de ce genre, les ouvriers les ont saccagées et ont également brisé les quelques vases disposés à l'intérieur de ces sépultures et qui constituaient le mobilier funéraire. Nous nous sommes donc bornés à retirer de ces débris les fragments qui nous ont paru les plus intéressants.
Ils appartiennent pour la plupart à des vases à panse, à col largement rabattu sur les bords, formés d'une poterie grise d'une certaine finesse et de faible épaisseur, sans engobe ni couverte, de dimensions variant entre 15 et 25 centimètres de hauteur ; quelques fragments sont ornés de cercles concentriques incisés à l'ébauchoir.
Aucune pièce de monnaie, aucun fragment de cette belle poterie rouge vernissée, à décors en relief, caractéristique de la belle période gallo-romaine n'y furent trouvés.
Peut-être pourrait-on, en se basant sur la nature des vases attribuer la date de ces tombes à une époque voisine du Ve siècle, marquée par la diffusion du christianisme en Auvergne et, surtout, caractérisée par la décadence romaine et l'invasion des barbares.(1)

(1) - Il est également intéressant de signaler qu'à proximité du lieu de ces découvertes à environ 150 mètres plus à l'ouest, à 30 mètres à l'est de la Mairie, on a dégagé à 50 centimètres de profondeur, une sorte de dallage de 25 centimètres d'épaisseur. La partie inférieure était formée par un ciment de couleur grise. Contenant de nombreux grains de silice pure, la partie supérieure était composée d'un aggloméré de briques concassée et de chaux grasse, béton caractéristique de l'époque gallo-romaine. Les fouilles l'ayant mis à jour seulement sur un côté, on ignore son importance et l'usage auquel il était destiné.
(1927 - Bulletin de l’Auvergne - Publication de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand - Deuxième série - 1927 N°1-Janvier - pages 15-16.  - Antoine VERGNETTE, Membre correspondant de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand, Rue de la Treille, Aubière, Puy-de-Dôme.)



La nécropole du Mirondet (1991)

C'est au mois de mai 1991, lors de l'aménagement d'une voie d'accès à un lotissement dans le quartier du Mirondet, qu'une pelleteuse mis au jour un "coffre de pierre". Ce coffre, d'une forme particulière, s'est très vite avéré être un sarcophage. D'autres apparurent, alignés les uns contre les autres, sous une voûte de pierres. Nous étions là en présence d'une nécropole datée de l'époque mérovingienne (VIè/VIIè siècle). Des fouilles rapides eurent lieu, auxquelles les Aubiérois vinrent assister, médusés par cette découverte extraordinaire. Ils rivaient leurs regards sur le pinceau méticuleux qui découvrait le squelette, parfaitement conservé, reposant allongé sur le dos, les bras croisés.

© Collection Pierre Bourcheix

Localisation
Le site funéraire est situé le long d'un chemin antique, allant de Clermont au Puy en Velay, sur les ruines d'un bâtiment gallo-romain. La fouille a découvert huit tombes ; deux autres apparaissent au Nord sous plusieurs mètres de terre.

Plan de la nécropole du Mirondet

Inventaire
A l'exception de deux tombes (1 et 6), tous les sarcophages ont été utilisés plusieurs fois : les ossements de 23 individus ont été répertoriés.
La tombe 6 est dépourvue de sarcophage ; elle a été creusée dans les remblais de démolition de la construction antique. Il s'agit d'une tombe d'enfant.
L'utilisation des sarcophages n'est pas exceptionnelle, mais elle doit être attribuée à une catégorie sociale privilégiée (coût élevé).

Pour en savoir plus, lire : L'AUVERGNE DE SIDOINE APOLLINAIRE A GREGOIRE DE TOURS - HISTOIRE ET ARCHEOLOGIE - Actes des XIIIèmes journées internationales d'archéologie mérovingienne. Clermont-Ferrand (3 - 6 octobre 1991) - Institut d'Études du Massif Central, 1999.


1991 – Nécropole du Haut Moyen-Âge au Mirondet à Aubière

"Au terroir du Mirondet, en bas et au sud du lotissement du même nom, vers la nouvelle voie, le bulldozer faisait découvrir, à la fin de l’hiver dernier, une première tombe qui fut repérée par des connaisseurs ; puis, début mai, d’autres travaux mettaient au jour plusieurs sarcophages et ossements.
M. le Maire et conseiller général, Hubert Tarrerias, et les services compétents dirigés par M. Franck Bayle, adjoint à l’urbanisme, décidaient de faire appel aux Services des Affaires Culturelles. M. J.M. Sauget de Clermont, et son équipe eurent la tâche délicate de mener à bon terme les déblaiements, récupération et reconstitution… Plus de 350 observations et mesures auraient été enregistrées (aucun mobilier, semble-t-il) !
La découverte de tombes est assez commune dans la région ; il en avait été trouvées, de même type, dans le parc de la Mairie de Pérignat-lès-Sarliève, il y a une trentaine d’années (sans parler de la nécropole en bordure de route : 1931, E. Deforges, P.F. Fournier R.D.).
Ici, elles sont longues et pas très étroites vers les pieds, couvercles à section triangulaire, pierre poreuse dite « des Farges » (région de Saint-Nectaire), et en domite (chaîne des Puys).
Ce site recouvrirait peut-être un ancien site gallo-romain ? Sommes-nous en face d’une nécropole importante ? Tout n’a pas été fouillé vue l’étendue et la proximité des maisons : section Y n° 67, 68 et 69, amorce de l’ancien sentier d’exploitation de la Mourette, qui menait aux vignes, nombreuses depuis longtemps ici.
Aux 6ème et 7ème siècles, Aubière n’existait pas en tant que bourg, mais le territoire était pourvu d’un habitat clairsemé. Sommes-nous en présence de la proximité d’un ancien manse (unité agricole) sur le chemin, dit en 1831 « de Clermont à Gergovie » passant par le pont de Beneilhe (bonne eau) sur l’Artière, une branche montant au plateau par le nord, l’autre se dirigeant vers Pérignat sur le domaine de Prat ?
Ces sarcophages sont apparentés à ceux trouvés près de la chapelle Saint-Genès de Coudes, alors que ceux de Saint-Floret sont « à logettes céphaliques », plus tardifs.
Ces découvertes ont alerté de nombreux Aubiérois qui, en curieux, sont venus régulièrement suivre les travaux, ainsi que les écoles et leurs instituteurs ayant trouvé matière à s’instruire sur le tas.
Il n’est pas impossible de croire que le sol de notre Commune recèle d’autres trouvailles du même genre et que de grosses machines aient pu les bouleverser, lors de travaux de fouilles, des sites, preuves des maillons d’une chaîne marquant la continuité d’occupation vivante sur Clermont-Sud."

(Article paru dans LE SEMEUR du 15 novembre 1991.)

"…La commune était traversée par un chemin antique qui reliait Clermont au Puy-en-Velay, par Brioude. Cette voie sortait de la ville par le sud-est, traversait le plateau basaltique et descendait ensuite dans la vallée de l’Artière. Son tracé supposé – et logique – passe par la rue du Mirondet et longe la nécropole. Le chemin laissait à l’est le site actuel d’Aubière et remontait vers le puy de Sounely, passait sur le tiers inférieur des pentes du plateau de Gergovie, évitant les zones marécageuses de Sarliève.
Le bourg actuel, fortifié au moyen-âge, doit son origine à un établissement gallo-romain installé sur la basse terrasse de l’Artière dans le secteur de l’église actuelle. D’une superficie modeste (moins de 600 m²), il est construit sur un remblai déposé sur des alluvions très humides, au IIIe/IVe siècle (Hettinger, 1994). Le statut de cet édifice n’est pas connu, mais il appartient vraisemblablement à un établissement civil. Au début du haut moyen-âge, des sépultures s’installent dans le périmètre antique, sans que nous puissions connaître l’extension et l’importance de la nécropole (Vergnette, 1927 ; Lefevre, 1993). La présence de l’église sur le bâtiment gallo-romain, de sépultures en coffre de pierre, avec des vases, trouvées à quelques mètres au nord de cette dernière, incite à restituer une église dès l’époque mérovingienne, hypothèse qui devra être vérifiée.

Le site funéraire est établi sur une pente assez prononcée vers l’est dans les ruines d’un petit bâtiment gallo-romain construit en bordure de ce chemin."

1991 – Actes des XIIIèmes Journées internationales d’Archéologie mérovingienne de Clermont-Ferrand (3-6 octobre 1991) – Nécropole du Mirondet à Aubière.

© Cercle généalogique et historique d’Aubière


lundi 26 décembre 2011

Seigneurs et seigneurie d’Aubière [2/2]

Seigneurs et seigneurie d’Aubière
Épisode 2 : L’éclatement de la terre d’Aubière

XX – Gilbert II de Jarrie d’Aubière
Seigneur d’Aubière, Cléravaux, Laschenal et Saint-Avit en Marche.
Fils de Jean et de Jeanne de Laschenal, on ne lui connaît pas d’union. Cependant, il laisse une fille Ysabeau, née en 1600, et la reconnaît, puisqu’elle porte le nom d’Aubière.

Dès la mort de Gilbert II de Jarrie d’Aubière, le fief d’Aubière est morcelé par un acte du 21 septembre 1622. Nous apprenons cette dispersion et le devenir de la Terre d’Aubière par un mémoire, daté du 2 septembre 1743, retrouvé dans les archives communales d’Aubière.
Le partage, en quatre parts égales, aura lieu entre les frères et sœurs de Gilbert : Annet, François, Gilberte et Françoise.
Claude de Jarrie, le chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, religieux, a disparu : est-il décédé à cette date ? En revanche, un nouveau frère apparaît : Annet, sieur de Cléravaux !?

* Annet de Jarrie, sieur de Cléravaux, se dessaisit de son quart en 1627. Plusieurs propriétaires se succèdent jusqu’à ce que le sieur Destrada rachète cette part en 1642.

* François, sieur de Lavau : il décède en 1634, à l’âge de 57 ans. Son quart est partagé en trois parts entre ses frère et sœurs Annet, Gilberte et Françoise.
Annet de Cléravaux, vend le tiers reçut de son frère François, en 1635, au sieur Carmantrand qui le revend en 1641 au sieur Destrada. Ce dernier est, en 1642, propriétaire de toute la part dévolue au sieur Annet de Cléravaux et peut dès lors prétendre au titre de coseigneur d’Aubière.

XXI – Gilberte de Jarrie
* Gilberte de Jarrie, épouse de Annet de la Rochebriant depuis 1588, meurt en 1636. Elle a reçu du premier partage de 1622, une partie du château, comme son frère Annet. Tous les deux seront donc coseigneurs d’Aubière, jusqu’en 1636 pour Gilberte, et jusqu’en 1627 pour Annet, date à laquelle il vend sa part. Une partie de cette part revient à l’abbesse de Sainte-Claire, qui devient par ce fait coseigneur d’Aubière. En effet, une reconnaissance passée chez maître Gorce, notaire à Clermont, le 18 juillet 1635, stipule : « …promet porter à ladite dame [l’abbesse de Sainte-Claire] en son château audit Aubière à chacune feste de Saint-Julien au mois d’août… ». N’est-ce pas cette abbesse, qui est la « dame » de la cave dite « à ma dame », aujourd’hui Musée de la Vigne et du Vin de Basse-Auvergne ?

* Françoise de Jarrie, dame de Cordebeuf, n’ayant pas plus d’attachement pour les portions qu’elle avait de la Terre d’Aubière, en disposa par trois différents actes. Par un de ces actes, elle disposa au profit de la dame de la Rochebriant de la portion du château et d’un champ qui faisait partie du premier quart qui lui était venu du premier partage.
Par acte de 1637, elle vendit au sieur de la Rochebriant son neveu [Amable, qui suit] la portion qui lui était échue de la succession du sieur de Lavau par le partage de 1634.
Enfin, par acte du 3 juillet 1642, la dame de Cordebeuf vendit ce qui lui restait du premier partage à François de Montagnac, seigneur de Lignières, époux de Gilberte de la Rochebriant qui suit.

XXII – Amable de la Rochebriant
Coseigneur d’Aubière, il est le fils d’Annet de la Rochebriant et de Gilberte de Jarrie d’Aubière, il épouse, en 1614, Jeanne de Saint-Chamant. Ils auront plusieurs enfants dont Gilberte de la Rochebriant qui héritera de la terre d’Aubière.

XXIII – Gilberte de la Rochebriant de Chovance
Dame d’Aubière. Elle épouse le 5 janvier 1637 François de Montagnac, seigneur des Lignières. Sa vie durant, elle va s’acharner à reconstituer le fief d’Aubière tel qu’on le connaissait du temps de Gilbert II de Jarrie.
La Dame de la Rochebriant eut de son mariage avec le sieur de Montagnac quatre enfants mâles et une fille : Gaspard l’aîné ; Amable, sieur de Chovance ; Claude, connu dans la famille sous le nom de Commandeur ; François, connu sous le nom du sieur de Lignières ; et Gabrielle, mariée par la suite avec le sieur Dethianges.
François de Montagnac, père commun, étant décédé, les enfants devinrent propriétaires de la portion de la terre d’Aubière qu’il avait acquise de la dame de Cordebeuf par contrat du 3 juillet 1642.
La dame Gilberte de la Rochebriant sa veuve, ayant réunit en sa personne toutes les portions de la terre d’Aubière qui lui étaient venues par le décès du sieur de la Rochebriant son père, était propriétaire en son nom du cinq douzième de la Terre d’Aubière, et encore de la portion du château et d’un champ faisant partie d’un autre quart et elle jouissait en qualité de tutrice de ses enfants de la portion qui avait été acquise par ledit défunt sieur François de Montagnac.
La dame de la Rochebriant fit, le 26 mars 1667, donation de tous et un chacun des biens présents et avenir à celui de ses enfants mâles qu’il lui plairait de nommer, et au défaut de nomination, à l’aîné aux charges et conditions suivantes :
« 1° de payer à chacun de ses autres enfants mâles la somme de cinq mille livres pour leur droit légitime ;
2° sous la réserve de 24.000 livres dont elle pourrait disposer à son gré ;
3° à la charge par le donataire de payer toutes les dettes de la donatrice et par exprès la somme de 20.000 livres qu’elle avait constitué en dot à la dame Dethianges, sa fille, en l’année 1665, et à la charge en outre de payer le débit de son compte de tutelle sous la réserve de faire une substitution graduelle du tout ou de partie de ses biens donnés.
Par ses articles, la dame de la Rochebriant nomme le sieur Gaspard de Montagnac, son fils aîné, pour recueillir l’effet de ladite donation qu’elle confirma avec toutes les charges et conditions qu’elle y avait imposées, restreignant néanmoins sa réserve de 24.000 livres à 20.000 livres. Et en exécutant les clauses de ladite donation par laquelle elle s’était réservée de substituer telle partie de ses biens qui lui plairait, elle fit une substitution graduelle dont il est important de rapporter les termes. Et parce que la dame de la Rochebriant désire que la Terre et seigneurie d’Aubière qu’elle a eu de la succession de défunt messire Amable de la Rochebriant son père, demeure et soit conservée dans la famille.
Pour cela, la dite dame en exécutant la clause contenue en la dite donation veut et entend que la dite Terre d’Aubière soit portée dans un contrat de mariage et dans un acte entre vifs.
»
On remarquera cependant que quatre ans avant ces articles de mariage, la dame de la Rochebriant, ayant rendu son compte de tutelle, fut reconnue créancière de ses enfants qui, pour paiement de ses créances, lui délaissèrent en propriété la portion de la Terre d’Aubière qui avait appartenue à François de Montagnac leur père, et qu’en 1673, elle acquit du Sr Destrada les portions qui lui appartenaient dans le château.
Dans l’intervalle de ces articles de mariage sous seing privé et de la ratification de ceux-ci par devant notaire qui ne fut faite que six semaines après, la dame de la Rochebriant disposa d’une partie de la réserve par une donation entre vifs qu’elle fit confirmer devant notaire d’une somme de dix mille livres au profit du Sieur de Chovance son fils puiné, le 10 mai 1675.
Enfin, par acte reçu par maître Vernet notaire royal, le 25 mai 1675, les articles furent approuvés, convenus et accordés dans les termes suivants :
« Ont été présents en leurs personnes les parties dénommées aux articles de mariage cy-dessus, lesquels de leur bon gré ont reconnu avoir passé lesdits articles de mariage, et être demeurés d’accord des constitutions, renonciations et autres dispositions et convenances portées par lesdits articles ».
Il est à remarquer que dans la ratification il n’est nullement parlé de substitution en termes exprès ; il est aussi à remarquer que tant dans les articles que dans la ratification, la dame de la Rochebriant n’a pas signé son nom mais seulement Chovance. Elle meurt le 25 octobre 1693.

XXIV – Gaspard de Montagnac
Seigneur d’Aubière et des Lignières, il épouse Marie Françoise de Mascon du Cheix, dont il a un fils, Jean Jacques.
Un an après ce contrat de mariage, le Sr de Montagnac acquit par contrat du 5 février 1676 les portions de la Terre d’Aubière qui appartenaient à M. Destrada à la réserve de sa portion du château ci-dessus vendue à la dame de la Rochebriant, desquelles il jouit particulièrement jusqu’à la mort de sa mère, après lesquelles il réunit en sa personne toutes les portions de la Terre d’Aubière dont il jouit jusqu’à sa mort arrivée le 26 décembre 1693. Gaspard de Montagnac, étant décédé, laissa un fils unique nommé Jean Jacques, qui fut mis sous tutelle.
La veuve de Gaspard de Montagnac, Marie Françoise de Mascon du Cheix, restitua les terres d’Aubière et des Lignières à son frère Gilbert de Mascon du Cheix, qui se trouvait être créancier de son défunt époux.

XXV – Gilbert de Mâcon du Cheix
Seigneur d’Aubière et du Cheix. Il rendit hommage au roi en 1700.
Il s’en suivit moult tractations, transactions et procédures plus ou moins douteuses et bien des revirements entre les familles du Cheix, des Lignières et Montagnac, jusqu’en 1717. C’est, en effet, après le décès de Gilbert de Mascon du Cheix, survenu cette année-là, que son fils, Jean-François du Cheix, décida de se défaire de la terre d’Aubière.
Il la vendit le 20 juillet 1718, par contrat pur et simple moyennant 66.000 £ à Messire Guillaume André, conseiller au présidial, qui en jouit paisiblement jusqu’au mois de septembre 1720.

XXVI – Guillaume André de la Roche
Sieur de la Roche et seigneur d’Aubière. Il avait épousé le 1er juillet 1682 à Clermont-Ferrand, Amable Jadon.
Le 20 septembre 1720, il fut fait des offres de la somme de 50.000 £ en cinquante billets au sieur André, avec sommation de se désister des trois quarts de la terre d’Aubière et en délaisser la libre possession au sieur de Chovance, « cédataire » du sieur Jean Jacques de Montagnac. Les offres ont été suivies d’une consignation, mais il n’y eut pas d’exécution.
Guillaume André meurt le 23 mai 1727. Il laisse la baronnie d’Aubière à son fils Jean.

Blason des André d'Aubière

XXVII – Jean André d’Aubière
Baron d’Aubière, il épouse le 5 mai 1727 Marie Le Court.
Les ennuis qu’avait connus son père à partir de 1720 rebondissent en 1740.
Le 28 octobre 1740, Jean André se voit assigné à la requête et sous le nom dudit sieur Jean Jacques de Montagnac « pour voir déclarer contre lui exécutoire la sentence de 1705 ». En conséquence, Jean André est condamné à se désister de la terre d’Aubière telle qu’elle est substituée, à en laisser la libre jouissance au sieur de Montagnac avec la restitution des fruits depuis l’année 1718.
Jean André dénonce cette demande en désistement. L’affaire traîne en longueur. Jean Jacques de Montagnac meurt en mai 1742.
Finalement, le litige est jugé à Paris, en septembre 1743, où le Conseil laisse Jean André propriétaire de la terre d’Aubière.
Jean André meurt le 28 novembre 1754. Il laisse la seigneurie à son fils Pierre.

XXVIII – Pierre André d’Aubière
Marié le 20 janvier 1766 à Anne Favard, il sera le dernier seigneur d’Aubière.
Comme ses prédécesseurs, il connaîtra, jusqu’à la Révolution de 1789, la vigueur des Aubiérois à contester les droits seigneuriaux. Il s’attirera même la haine (osons le terme) d’un de ses sujets, Amable Girard, notaire, procureur et syndic du Bureau intermédiaire. Ce dernier, sous le couvert de la loi des suspects, le fait arrêter et conduire à Lyon où il sera exécuté aux Brotteaux, le 29 pluviôse de l’an 2 (17 février 1794). A-t-il été mitraillé ou décapité ? Là est toute la question à laquelle nous essayerons de répondre dans un prochain article…

Le fils aîné de Pierre André et d’Anne Favard, Jean-Baptiste André, qui racheta le titre de Baron d'Aubière, fut par deux fois maire de Clermont-Ferrand.

© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière (Pierre Bourcheix)